Gestion du passé collaborateur en Belgique : Une étude comparative de la mémoire familiale chez les descendants francophones et Flamands

(2025)

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La mémoire de la collaboration en Belgique lors de la Seconde Guerre mondiale demeure un terrain sensible, marqué par des divisions communautaires qui influencent la manière dont les familles transmettent et vivent ce passé. Les Flamands, souvent perçus comme collaborateurs, retiennent surtout la répression vécue comme une attaque ciblée contre leur communauté, tandis que les francophones, associés à la Résistance, considèrent la collaboration comme un tabou familial difficile à aborder. Cette recherche qualitative et exploratoire, menée auprès de descendants de collaborateurs flamands et wallons, s’appuie sur des entretiens réalisés dans le cadre des projets Transmemo et Re-Member. Elle met en lumière les stratégies diverses – telles que le silence, la justification ou la victimisation – qui, bien que présentes dans les deux communautés, prennent des formes et des fréquences différentes selon les contextes identitaires. Le silence apparaît comme une stratégie centrale, largement partagée. Par ailleurs, chez les Flamands, la collaboration s’inscrit dans un récit collectif plus structuré et largement lié à la cause flamande, ce qui conduit à une mémoire plus partagée et discutée publiquement. En revanche, chez les francophones, la collaboration reste un tabou familial, rarement abordé dans l’espace privé ou public. Ces résultats suggèrent que les mémoires familiales se reconstruisent et s’ajustent en fonction des intérêts individuels et des récits collectifs disponibles. En soulignant ces différences et similitudes, cette étude vise à enrichir la compréhension des tensions mémorielles en Belgique et ouvre des pistes pour explorer plus avant les variations générationnelles.