Gaydar : le rôle des connaissances, du contact et des stéréotypes dans la reconnaissance de l'orientation sexuelle des hommes

(2025)

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Ce mémoire s’inscrit dans le champ de la psychologie sociale, et s’intéresse à la capacités des individus à juger l’orientation sexuelle d’autrui à partir d’indices ; phénomène désigné sous le terme de gaydar. Il explore les mécanismes sous-jacents à cette compétence perçue, et les facteurs susceptibles d’en moduler la précision. Plus précisément, la recherche interroge l’écart entre la confiance subjective dans sa capacité à détecter l’orientation sexuelle et la performance objective dans une tâche de catégorisation faciale, ainsi que l'influence de facteurs individuels (adhésion aux stéréotypes d'inversion de genre, familiarité avec le milieu gay, niveau d'homophobie, perception d'homogénéité du groupe cible) sur la précision de ces jugements. Afin de répondre à cette problématique, une étude expérimentale a été conduite auprès de 359 participants, qui devaient juger l’orientation sexuelle de visages masculins standardisés. Des outils psychométriques validés ont permis de mesurer l’inversion de genre et l’homophobie. D’autres échelles ont spécifiquement été créées pour mesurer des variables de cette étude, telles que la familiarité avec le milieu gay, la perception d’homogénéité du groupe cible, ainsi que la confiance subjective dans le gaydar. Les performances objectives ont été calculées à partir des réponses correctes aux jugements. Les résultats des études décèlent un écart constant entre la confiance que les individus accordent à leur capacité à reconnaitre l’orientation sexuelle et leur performance objective dans cette tâche, suggérant que le gaydar perçu relève davantage d'une illusion de compétence que d'une capacité réelle. Contrairement aux hypothèses, aucune des variables étudiées (inversion de genre, familiarité, homophobie, homogénéité perçue) ne prédit significativement la précision des jugements. Seuls deux facteurs influencent la confiance subjective sans toutefois améliorer les capacités réelles : la familiarité avec le milieu gay renforce globalement le sentiment de compétence, tandis que l'adhésion aux stéréotypes d'inversion de genre augmente la confiance uniquement dans le contexte expérimental. Bien que les participants perçoivent correctement les traits de masculinité/féminité correspondant à l'orientation réelle, cette capacité ne semble pas être utilisée consciemment de manière efficace. Ces résultats induisent donc l'existence de deux systèmes cognitifs distincts : d’une part, un système perceptif automatique et intuitif, capable de détecter des indices morphologiques pertinents, et d’autre part, un raisonnement plus délibéré, mais moins fiable. Les recherches futures pourraient approfondir cette dissociation en se concentrant spécifiquement les processus automatiques.