Le regard des résidents sur les conditions de travail des infirmiers et des aides-soignants en maison de repos
Files
Cabuy_21331600_2026.pdf
Open access - Adobe PDF
- 879.71 KB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Contenu : Le vieillissement de la population et l’alourdissement du profil des résidents accueillis en maisons de repos et de soins (MRS) s’accompagnent d’une intensification documentée du travail soignant : charge physique et psychosociale élevée, pénurie structurelle de personnel et sentiment de « travail empêché ». Si la littérature scientifique explore largement le point de vue des professionnels, la perception qu’en ont les résidents reste peu étudiée, alors qu’ils en sont les témoins directs et quotidiens des rythmes et des tensions qui structurent l’activité soignante. Ce mémoire répond à la question suivante : comment les résidents d’une maison de repos et de soins perçoivent-ils les conditions de travail des infirmiers et des aides-soignants ? Méthodes : Quinze entretiens semi-directifs ont été menés auprès de résidents d’une maison de repos et de soins privée du Brabant wallon, présentant des niveaux de dépendance variés, avec des capacités cognitives suffisantes pour un échange cohérent. Les entretiens, enregistrés et retranscrits intégralement, ont fait l’objet d’une analyse thématique inductive. Résultats : Cinq dimensions structurent la perception des résidents : le manque de personnel, la charge de travail et le manque de temps, l’attente comme expérience vécue, la qualité relationnelle avec les soignants et la reconnaissance du métier. Les résidents mesurent eux-mêmes les effets de la surcharge de travail, rejoignant ce que la littérature documente déjà du côté des professionnels. Ils vivent l’attente comme une expérience anxiogène, développent des stratégies d’adaptation parfois risquées et entretiennent avec les soignants un attachement réciproque mais fragile face au turnover. Enfin, ils portent sur ce métier une reconnaissance active, allant jusqu’à en analyser les enjeux politiques et budgétaires. Ces résultats montrent que les résidents ne sont pas de simples destinataires passifs des conditions de travail des soignants : ils les observent, les subissent, les compensent et les valorisent à leur manière.