Construire en Guadeloupe: Quelle place pour le vernaculaire?

(2026)

Files

WEXSTEEN_4984-19-00_2026.pdf
  • Closed access
  • Adobe PDF
  • 63.17 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Ce mémoire interroge le rôle de l’architecture face aux situations d’urgence sur un territoire soumis à des aléas naturels récurrents. La réflexion prend place en Guadeloupe, archipel exposé aux séismes, ouragans, inondations, glissements de terrain et submersions marines. Dans un contexte marqué par l’intensification des phénomènes climatiques et une crise du logement persistante, ce travail questionne la capacité des modes de construction actuels à répondre durablement aux besoins des habitants. La recherche s’articule autour de la problématique suivante : « Comment une architecture inspirée du vernaculaire peut-elle contribuer à la résilience d’un territoire marqué par les aléas naturels ? » L’étude analyse les différentes temporalités de la catastrophe : l’urgence immédiate vise à sauver et héberger les populations, le moyen terme concerne le rétablissement des infrastructures et le relogement temporaire, tandis que le long terme engage une reconstruction durable et résiliente. Le mémoire souligne également l’importance de maintenir une vie sociale après une catastrophe. Les espaces collectifs permettent de mutualiser les ressources, mais aussi de préserver les liens humains essentiels à la résilience. Cette réflexion s’appuie notamment sur les projets de Shigeru Ban au Kenya et sur les réalisations du programme Home For All au Japon après le tsunami de 2011. L’analyse historique et architecturale de la Guadeloupe montre l’évolution d’une architecture vernaculaire adaptée au climat tropical — ventilation naturelle, galeries, structures légères et matériaux locaux — vers des constructions standardisées en béton importé, souvent inadaptées au contexte climatique. Le travail défend ainsi une approche constructive plus frugale, fondée sur des matériaux biosourcés et géosourcés, comme le bois, le bambou ou la terre crue, associés à des principes bioclimatiques, parasismiques et anticycloniques. Cette recherche aboutit à la conception d’un centre social transformable en centre d’accueil d’urgence dans le quartier de Vieux-Bourg à Pointe-à-Pitre. Le projet regroupe espaces associatifs, restauration, sanitaires et logements temporaires dans une architecture pensée comme support de résilience sociale et territoriale.