Intégration de l’ostéopathie au sein du service des soins intensifs néonataux : une étude pilote

(2026)

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La prématurité constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale. En 2020, environ 13,4 millions d’enfants sont nés avant 37 semaines de gestation, représentant entre 4 % et 16 % des naissances selon les pays. En Belgique, plus de 11 000 enfants sont nés prématurément en 2022. Ces enfants présentent un risque accru de complications à court terme, mais également à long terme. Les soins intensifs néonataux ont considérablement évolué afin d’améliorer la prise en charge et le bien-être des nouveau-nés prématurés. Dans ce contexte, l’ostéopathie suscite un intérêt croissant comme approche complémentaire non invasive pouvant contribuer au confort de l’enfant hospitalisé. Cette étude s’est plus particulièrement intéressée à deux problématiques fréquentes chez les prématurés : le confort digestif et l’acquisition de l’autonomie alimentaire. L’objectif principal de ce mémoire était donc d’évaluer si l’intervention d’un ostéopathe pouvait améliorer le confort digestif et favoriser l’autonomie alimentaire chez les enfants nés avant 32 semaines de gestation. L’étude menée était une étude interventionnelle non randomisée, deux groupes ont été comparés, l’un n’ayant pas bénéficié de séances d’ostéopathie et l’autre groupe ayant reçu trois séances d’ostéopathie. Les séances étaient réalisées dans le service à 34 semaines, 36 et 38 semaines post-conception. Des questionnaires parentaux ont également été réalisés pour recueillir leur vécu. Les résultats montrent que les deux groupes présentaient certaines différences initiales importantes, notamment un âge gestationnel moyen plus élevé dans le groupe interventionnel (29 semaines contre 27 semaines). Concernant l’autonomie alimentaire, les enfants du groupe interventionnel ont présenté une tendance à atteindre l’autonomie alimentaire complète plus rapidement que les enfants du groupe contrôle. Bien que ces résultats ne soient pas statistiquement significatifs, ils suggèrent une possible influence positive de l’ostéopathie. En revanche, les résultats relatifs au confort digestif sont plus nuancés. Aucune diminution significative des traitements anti-reflux n’a été observée chez les enfants ayant bénéficié de séances d’ostéopathie. Toutefois, une observation intéressante concerne les hernies inguinales : aucune chirurgie n’a été nécessaire dans le groupe interventionnel, contrairement au groupe contrôle où plusieurs enfants ont dû être opérés. Bien qu’aucun lien causal ne puisse être affirmé, cette différence ouvre des perspectives de recherche intéressantes. Les questionnaires parentaux mettent en évidence une approche très positive des séances d’ostéopathie. En conclusion, cette étude pilote met en évidence des tendances encourageantes concernant l’autonomie alimentaire et certaines complications malgré certaines limites. Ces résultats soutiennent l’intérêt de poursuivre les recherches à plus grande échelle afin de mieux définir la place de l’ostéopathie dans la prise en charge multidisciplinaire des enfants prématurés aux soins intensifs néonataux.