La participation politique par l’art : état des lieux d’un processus méconnu

(2023)

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Durant les dernières décennies, de nombreux auteurs spécialisés dans les sciences politiques ont pu noter un certain déclin de la participation politique conventionnelle des citoyens au profit des modes de participations non-conventionnels. Cet essor particulier explique le nombre d’études exponentiel étudiant le phénomène ainsi que ses répercussions particulières dans le monde politique et la société. Peu d’entre elles s’intéressent cependant au cas de la participation politique par l’art, où ne s’y intéresse pas en mettant les expériences et dires des artistes au premier plan de leur analyse. C’est pourquoi, au sein de ce document, nous nous attelons à travailler ce sujet à travers la problématique suivante : Que disent les artistes-citoyens sur leurs oeuvres quand celles-ci rentrent dans le champ de la participation politique ? Grâce à une enquête qualitative menée sur base d’une démarche abductive ainsi que la considération de dix entretiens semi-directifs menés auprès d’artistes en Fédération Wallonie-Bruxelles, analysés selon la méthode mixte développée par Miles et Huberman grâce à une analyse thématique et une analyse par catégorie conceptualisantes, nous avons pu apporter une réponse structurée à cette question. Premièrement, nous avons pu déterminer que les œuvres produites par les artistes sont globalement pensées et considérées comme un moyen de participation politique par ces derniers, et que dans de nombreux cas, leur création venait remplacer les modes de participation conventionnels desquels les artistes sont souvent éloignés. Nous avons également pu observer que même si les artistes semblent dans l’ensemble entretenir une certaine frustration vis-à-vis du monde politique, ainsi qu’une profonde déception de la prise en compte de leur engagement par les institutions, cela ne les empêche pas d’être profondément engagés via leur pratique. Deuxièmement, nous avons pu faire le point sur les moyens matériels et pratiques entourant la conception et le partage de leurs œuvres, et ainsi lier les problèmes financiers rencontrés par des nombreux artistes à l’aspect « business oriented » de politiques culturelles actuellement en place. Nous avons à ce titre également pu lier les sentiments négatifs des artistes vis-à-vis des lieux d’exposition « communs » vers des lieux plus alternatifs et libres.