Analyse des pratiques infirmières dans la gestion des prescriptions médicamenteuses en services de chirurgie: axes d’amélioration et impact sur la qualité des soins
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- La gestion des prescriptions médicamenteuses constitue un enjeu central de la qualité et de la sécurité des soins, notamment dans les services hospitaliers de soins aigus, dont font partie les services de chirurgie, où les situations cliniques évoluent rapidement. En Belgique, la prescription relève de la responsabilité médicale. Toutefois, la réalité du terrain confronte les infirmiers(ères) à des situations fréquentes d’absence, de retard ou d’insuffisance de prescriptions, les plaçant dans une position complexe entre respect du cadre légal et nécessité d’assurer la continuité des soins. Ce mémoire a pour objectif d’analyser les pratiques infirmières dans la gestion des prescriptions médicamenteuses en service de chirurgie, en particulier en contexte d’absence ponctuelle du médecin. L’étude repose sur une approche qualitative, basée sur la réalisation de onze entretiens semi-directifs auprès d’infirmiers(ères) exerçant dans différents services de chirurgie. Les données ont été analysées selon une approche thématique inductive. Les résultats mettent en évidence que les infirmiers(ères) développent différentes stratégies d’adaptation afin d’assurer la continuité des soins face à l’absence, au retard ou à l’insuffisance de prescriptions médicamenteuses. Ces stratégies reposent notamment sur la vérification systématique des prescriptions, les contacts répétés avec les médecins, le recours aux ordres oraux ou téléphoniques, l’utilisation de protocoles lorsqu’ils existent,ainsi que, dans certaines situations, l’administration ponctuelle de traitements jugés simples ou à faible risque. Bien qu’orientées vers la sécurité et le confort du patient, ces pratiques s’inscrivent parfois à la limite du cadre réglementaire et exposent les professionnels à des risques juridiques ainsi qu’à une charge émotionnelle importante. L’étude souligne également le rôle déterminant des facteurs organisationnels, notamment la disponibilité médicale, la communication interprofessionnelle et l’existence de protocoles institutionnels. Elle met en évidence un décalage entre les exigences du cadre légal et les réalités du terrain, pouvant générer des situations de tension éthique et de détresse morale chez les infirmiers(ères). Enfin, ce travail met en lumière la nécessité de renforcer l’encadrement organisationnel, de développer des protocoles adaptés et d’améliorer la coordination interprofessionnelle afin de soutenir les pratiques infirmières et de garantir la sécurité des patients dans les services de chirurgie.