Identité sociale et solitude chronique : le rôle médiateur du soutien social perçu et du sens de la vie
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- La solitude chronique représente un enjeu croissant en santé publique, avec des conséquences avérées sur le bien-être physique et mental. Dans le prolongement des travaux de Morton (2025), qui ont mis en évidence le rôle protecteur des ressources psychosociales face à la solitude, cette étude vise à approfondir ces résultats en explorant comment les différentes plaintes de solitude s’articulent avec des mécanismes spécifiques, tels que l’identité sociale, la participation sociale, le soutien social perçu et le sens de la vie. En reprenant le cadre théorique du Social Cure et en s’appuyant sur les données de Morton (2025), cette recherche cherche à éclairer les mécanismes sous-jacents qui pourraient expliquer ces associations, tout en testant leur validité dans un contexte belge francophone. Pour ce faire, un échantillon de 77 adultes a été recruté entre février et mai 2026. Les données, collectées via un questionnaire, ont été analysées à l’aide de corrélations de Spearman, de régressions linéaires simples et de tests de médiation (méthode de Baron et Kenny). Les résultats confirment en partie les conclusions de Morton (2025) : l’identité sociale et la présence du sens de la vie émergent comme des prédicteurs négatifs de la solitude globale, tandis que la recherche de sens y est positivement associée, suggérant un effet de détresse existentielle. Cependant, contrairement aux attentes, aucune médiation significative n’a été observée pour le soutien social, un résultat qui pourrait s’expliquer par la taille réduite de l’échantillon ou par les limites de la mesure de l’identité sociale, basée sur un item unique. Les comparaisons entre les groupes « solitude » et « non solitude » révèlent par ailleurs des écarts marqués en matière de participation sociale et d’identification au groupe, renforçant l’hypothèse d’un rôle central de l’ancrage communautaire dans la protection contre la solitude. En reprenant et en élargissant les pistes ouvertes par Morton (2025), cette étude offre des perspectives concrètes pour la prescription sociale. Elle souligne en particulier l’importance de concevoir des interventions qui favorisent des expériences collectives porteuses de sens, comme des activités de groupe structurées autour d’objectifs communs, plutôt que des interactions sociales superficielles. Toutefois, les limites méthodologiques – notamment la mesure de l’identité sociale et la puissance statistique – invitent à reproduire ces analyses avec des outils plus robustes et des échantillons plus larges pour confirmer ces tendances et affiner les modèles théoriques.