Le dilemme de l'écriture inclusive à l'école primaire : Évaluation de la tension entre charge cognitive et représentations genrées par les (futur·es) enseignant·es.

(2026)

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L'introduction de l'écriture inclusive à l'école primaire cristallise un dilemme didactique majeur, tiraillant l'institution entre la volonté de promouvoir l'égalité symbolique et le risque d'entraver l'accessibilité cognitive des apprenti·es lecteur·ices. Ce mémoire a pour objectif d'interroger ce compromis pédagogique en évaluant l'impact perçu de différentes stratégies scripturales sur la lisibilité, la déconstruction des stéréotypes et la faisabilité didactique. Les questions de recherche visent à identifier quelle forme linguistique constitue le compromis optimal pour des énoncés destinés à des élèves de 10 à 12 ans. Alors que la recherche en psycholinguistique a largement démontré, majoritairement auprès d'adultes, le biais androcentré du masculin générique et les effets positifs de la visibilisation sur le sentiment d'auto-efficacité, l'application de ces constats au terrain scolaire reste controversée. Pour objectiver ce débat, une étude quasi expérimentale a été menée via un questionnaire par vignettes textuelles. Un échantillon de 104 professionnel·les de l'éducation a évalué l'efficacité et le coût cognitif de quatre modalités : le masculin générique, le point médian, les doublets complets et les formulations épicènes. Les analyses inférentielles (tests t appariés) révèlent que le masculin générique échoue de manière significative à induire une représentation paritaire. Les doublets complets sont massivement rejetés par les professionnel·les en raison de la surcharge cognitive et syntaxique qu'ils génèrent, sans bénéfice inclusif probant. Si le point médian maximise l'inclusion perçue, les contraintes liées à son implémentation limitent son adoption. Finalement, la formulation épicène s'impose statistiquement comme le compromis optimal : elle maintient une fluidité de lecture et une ergonomie de préparation équivalentes à la norme traditionnelle, tout en améliorant drastiquement l'inclusion. Ces découvertes confirment que l'indifférenciation lexicale permet de concilier l'apprentissage du décodage et l'éducation à l'égalité. L'étude recommande dès lors l'adoption d'une flexibilité stratégique dans la conception du matériel didactique : privilégier l'épicène comme socle rédactionnel pour limiter la charge mentale extrinsèque, et recourir ponctuellement à la visibilisation explicite (formes féminisées) lorsque la déconstruction de stéréotypes asymétriques l'exige.