Problématique de décès maternels à la maternité de référence de Kintambo à Kinshasa, en République démocratique du Congo : Analyse des facteurs qui contribuent aux décès maternels

(2025)

Files

Buini_Zolana_Ndosimau_8900-19-00_2025.pdf
  • Closed access
  • Adobe PDF
  • 2.59 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Introduction : La mortalité maternelle demeure une préoccupation majeure dans les pays en voie de développement, notamment en RDC. Cette étude qualitative explore les facteurs qui contribuent à la mortalité maternelle à la Maternité de Référence de Kintambo, à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC). But de l’étude : Contribuer à la compréhension des phénomènes qui conduisent aux décès maternels et à l’identification des facteurs impliqués dans les décès maternels. Afin d’améliorer la qualité des soins et proposer des interventions stratégiques pour réduire le taux de mortalité maternelle. Méthode : Six témoins privilégiés, deux tradipraticiens et deux leaders religieux ont participé à un entretien semi-structuré, portant sur les différents thèmes en lien avec le décès maternel. Six autres témoins privilégiés ont également participé au focus groupe. Les entretiens ont été analysés de manière thématique, permettant de répondre à nos questions de recherche. Les dossiers médicaux (fiches de consultation et fiches de revue des décès maternels) de toutes les femmes décédées pendant la grossesse ou l’accouchement entre le 01 janvier 2020 et 31 décembre 2024 ont été étudiées quantitativement. Cette étude a été réalisée sur un échantillon de 33 cas de décès maternels. Résultats : Sur 10 770 accouchements, 33 décès maternels ont été enregistrés, soit un taux de mortalité maternel de 306 pour 100 000 naissances vivantes. L’âge moyen des patientes décédées était de 31,1 ans avec intervalle (19-41ans). Nous avons identifié les principales causes obstétricales de décès maternels : hémorragies (45,4%), maladies hypertensives sur grossesse (21 %), embolie obstétricale (12,1%), infections (6%), rupture utérine (3%), embolie obstétricale (12,1%), cardiopathie (3%) et rupture d’anévrisme (3%). Nous avons également identifié les facteurs socioculturels, économiques, environnementaux et sanitaires contribuant à la mortalité maternelle. Les principaux facteurs sont : la méconnaissance des femmes des signes de danger, le statut socio-économique des femmes, leur analphabétisme, l’état dégradé des routes, le nombre insuffisant de consultations prénatales, le manque de motivation des professionnels de soins, le manque de matériels, de kit d’urgence et de médicaments, la mauvaise organisation, le manque de formation continue des professionnels de soins, l’absence de protocole standardisé de SOU, les mauvaises conditions de travail, le manque de sang, d’oxygène, d’équipe multidisciplinaire, le transfert tardif des patientes et le manque d’ambulance médicalisée. Conclusions : Notre étude a mis en lumière que les femmes continuent de mourir pendant la grossesse ou l’accouchement suite à plusieurs facteurs. Ces facteurs peuvent être attribués soit à l’équipe médicale, au plateau technique, à l’environnement, à la croyance religieuse, à la pratique traditionnelle, à la communauté, à la femme elle-même, au gouvernement ou à une combinaison de ces facteurs. Les professionnels de soins doivent développer une dimension humaine dans leur pratique de guérir. Une approche multidimensionnelle et multifactorielle est donc nécessaire pour lutter efficacement contre le décès maternel.