L'héritage du Royaume Kongo : source d'une réflexion politique contemporaine sur les processus politiques endogènes et l'intégration régionale africaine

(2026)

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Ce mémoire analyse les limites des modèles contemporains d’intégration politique et régionale en Afrique en mobilisant le Royaume Kongo comme étude de cas historique. Partant du constat que les Etats africains et les organisations régionales actuelles sont largement construits sur des structures héritées de la colonisation, la recherche s’interroge sur la contribution potentielle des systèmes politiques précoloniaux à la réflexion contemporaine sur les processus politiques endogènes et l’intégration africaine. La méthodologie adoptée repose sur une approche qualitative combinant analyse documentaire, analyse conceptuelle, étude de cas historique et comparaison entre le Royaume Kongo et la Communauté Economique des Pays des Grands Lacs (CEPGL). La recherche développe une grille d’analyse fondée sur six dimensions du processus politique endogène : la légitimité culturelle, la pluralité des autorités, la gouvernance par la négociation, la subsidiarité, la flexibilité territoriale et l’articulation entre unité et diversité. L’étude montre que les organisations régionales africaines contemporaines demeurent confrontées à des contraintes structurelles importantes : fragmentation territoriale héritée de la colonisation, faiblesse institutionnelle, logiques souverainistes, dépendances extérieures, rivalités géopolitiques et faible appropriation citoyenne. Le cas de la CEPGL illustre ces difficultés à travers une intégration limitée, une faible cohésion régionale et des tensions récurrentes entre ses Etats. L’analyse historique du Royaume Kongo met en évidence l’existence d’un système politique complexe sur une autorité centrale négociée, une forte autonomie provinciale, des mécanismes de délibération collective, des réseaux commerciaux intégrateurs et les alliances sociales structurantes. La légitimité du pouvoir y était largement fondée sur des références culturelles, religieuses et lignagères partagées, tandis que la gouvernance s’appuyait sur la médiation et la recherche du consensus. La comparaison entre le Royaume Kongo et la CEPGL révèle que les principes observés dans le système kongo offrent des pistes de réflexion pertinentes pour comprendre les enjeux contemporains de l’intégration régionale. Toutefois, le mémoire souligne qu’il ne s’agit pas de reproduire les institutions précoloniales, mais d’identifier des mécanismes de gouvernance susceptibles d’inspirer des formes plus légitimes et mieux adaptées aux réalités africaines. Le concept de « processus politique endogène » est ainsi privilégié à celui de « modèle politique endogène », car il met l’accent sur l’appropriation sociale et l’ancrage historique des institutions. La recherche confirme trois hypothèses principales : l’existence d’obstacles structurels majeurs à l’intégration politique africaine, la pertinence analytique du Royaume Kongo pour la réflexion sur les processus politiques endogènes, et l’impact profond du christianisme ainsi que des relations avec le Portugal sur la transformation politique et sociale du royaume. En conclusion, le Royaume Kongo apparaît comme un laboratoire historique permettant de repenser les conditions de la légitimité politique, de la cohésion sociale et de l’intégration régionale en Afrique. Le mémoire plaide pour une gouvernance davantage enracinée dans les réalités historiques, sociales et culturelles du continent, tout en tenant compte des contraintes du monde contemporain.