Complications obstétricales de la grossesse après une interruption médicale de grossesse

(2025)

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Chaque année, les complications obstétricales touchent de nombreuses femmes. Pour améliorer la prise en charge des patientes, il est essentiel d’identifier les patientes à risque. En Belgique, l’interruption médicale de grossesse peut être réalisée à tout moment de la grossesse lorsqu’une indication médicale le justifie. Cette intervention, surtout lorsqu’elle est pratiquée tardivement, soulève des questions sur ses conséquences pour une grossesse future. L’objectif de ce travail visait à déterminer si les patientes ayant bénéficié d’une interruption médicale de grossesse à partir de la 22ème semaine d’aménorrhée présentaient un plus grand risque de complications obstétricales lors d’une grossesse ultérieure. Pour cela, une étude rétrospective a été menée auprès de 91 patientes ayant vécu une interruption médicale de grossesse au sein des Cliniques Universitaires Saint-Luc entre 2015 et 2023 et ayant par la suite mené une nouvelle grossesse. Les complications recherchées lors de cette nouvelle grossesse incluaient les fausses couches tardives et précoces, l'insuffisance cervicale, la prématurité, le retard de croissance intra-utérin, la pré-éclampsie et la rupture prématurée des membranes. La proportion de chacune des complications chez ce groupe de patientes a ensuite été comparée à celle de la population générale, provenant de la littérature. L’association entre divers facteurs de risque et certaines de ces complications a également été analysée. Parmi les 91 patientes incluses, les proportions de fausse couche (14,3 %), de prématurité (8,8 %), de rupture prématurée des membranes (3,3 %), de pré-éclampsie (2,2 %), de retard de croissance intra-utérin (1,1 %) ne différaient pas de façon significative avec les proportions de la littérature. En revanche, il s’avère que l’insuffisance cervicale est significativement plus élevée dans l’échantillon de patientes que dans la population générale (p < 0,001). L’insuffisance cervicale a été diagnostiquée chez 7,7 % des patientes et une association significative a été mise en évidence entre un antécédent chirurgical gynécologique et l’insuffisance cervicale (aOR = 8,42 ; IC95 % : 1,21-58,50). La proportion significativement élevée d’insuffisance cervicale chez les patientes ayant précédemment bénéficié d’une interruption médicale de grossesse suggère qu’une interruption médicale de grossesse pourrait potentiellement être associée à l’insuffisance cervicale.