La représentation sémantique des nombres et estimation sur lignes numériques de 0 à 10 et de 0 à 100 : leur évolution au cours du cycle primaire fondamental inférieur ainsi qu'en enseignement spécialisé de type 8 et comparaison avec la représentation des enfants dits " Trouble du calcul "
Files
Hody_2006.pdf
UCLouvain restricted access - Adobe PDF
- 15.84 MB
Details
- Supervisors
- Faculty
- Degree label
- Abstract
- Ce mémoire s’intéresse à l’évolution de la représentation sémantique des nombres auprès d’enfants de première, deuxième et troisième année primaire. Son évolution au sein de l’enseignement spécialisé de type 8, de la maturité II à la maturité IV, a aussi été étudiée. Le présent travail vise également à explorer la représentation des nombres d’enfants dits « Trouble du Calcul » afin d’éclairer le débat entre l’idée d’une représentation atypique supportée par Butterworth (1999) et celle d’une difficulté d’accès à cette représentation au départ de nombres symboliques avancée par Rousselle et Noël (2006). Afin d’atteindre ces objectifs, trois tâches d’estimation sur lignes numériques de 0 à 10 et de 0 à 100 ont été administrées auprès des trois populations ainsi qu’un test de calcul mental (le Tempo Test Rekenen). Les résultats rendent comptent d’une évolution de la représentation se précisant avec l’âge et/ou le niveau scolaire dans la population contrôle. En effet, la représentation des nombres serait d’abord logarithmique (les petits nombres sont bien différenciés contrairement aux grands nombres plus compressés les uns sur les autres) et deviendrait petit à petit linéaire (tous les nombres sont justement représentés aussi bien les petits nombres que les grands nombres) en passant par un pattern mixte logarithmique et linéaire. Les petites échelles (0-10) sont donc plus rapidement estimées de façon linéaire que les plus grandes échelles (0-100). L’enfant peut donc aussi, au même stade de développement, montrer une représentation linéaire pour la tâche 1 (échelle 0-10) mais une représentation logarithmique pour la tâche 3 (0-100). Ce constat confirme l’hypothèse des représentations multiples de Siegler. La justesse d’estimation et de représentation sont liées aux habiletés de calcul mental. Plus l’enfant est bon calculateur, plus il est bon estimateur. Un élément nouveau apparaît. La forme de la cible influence la représentation des nombres de l’enfant. En effet, les tâches 2 et 3 utilisent les mêmes échelles 0-100 mais l’une présentent, les dizaines et l’autre des cibles composées de dizaines et d’unités. Cette dernière tâche suscite davantage la représentation logarithmique alors que les dizaines sont plutôt estimées linéairement. Ceci ne s’observe qu’en première et deuxième année primaire. Les élèves de troisième année primaire ne sont plus perturbés par ces cibles composées. Nous pensons que cela coïnciderait avec l’acquisition de la notion de la base dix du système numérique arabe. L’évolution rencontrée dans notre population contrôle s’observe également en enseignement spécialisé mais avec un retard d’un an au moins. Les élèves de maturité III exhibent des performances similaires aux élèves de troisième année alors que ces derniers sont plus jeunes d’un an ou deux selon les classes de maturité III. Les résultats concernant la population « TC » s’opposent à l’idée d’une représentation atypique à l’origine de la dyscalculie. Nos observations révèlent un trouble spécifique des enfants « TC » à construire une représentation en base dix des nombres. Ce handicap serait lié, au départ, à leurs difficultés en calcul mental, mais se résorberait par la suite vers l’âge de 10 ans grâce à leur vécu personnel et scolaire. Les recherches ultérieures devraient se pencher sur l’ampleur de l’influence exercée par l’expérience vécue par l’enfant et approfondir le lien entre compréhension de la base dix et la représentation interne et linéaire des nombres ainsi que les moyens d’aider l’enfant à acquérir cette notion si celle-ci est efficace dans la construction d’une telle représentation.