La déshumanisation organisationnelle et la consommation d'alcool : Une étude des mécanismes explicatifs
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- La déshumanisation organisationnelle, qui fait référence à la perception d’un employé d’être considéré comme un instrument au service des objectifs organisationnels (Bell & Khoury, 2011), est associée à de nombreuses répercussions néfastes, tant pour le travailleur que l’entreprise (e.g., Brison et al., 2022 ; Caesens et al., 2017 ; Taskin, 2019). Plusieurs auteurs affirment qu’elle peut être considérée comme un stresseur professionnel ou une forme de maltraitance organisationnelle (Nguyen & Stinglhamber, 2021 ; Stinglhamber et al., 2022 ; Rubbab et al., 2022), qui représentent tous deux des antécédents de la consommation d’alcool chez les travailleurs (e.g., Auweiler et al., 2023 ; Brison et al., 2025 ; Frone, 2015, 2016). Cependant, nous n’avons trouvé aucune étude investiguant le lien entre la déshumanisation organisationnelle et leur consommation d’alcool. Ce mémoire vise dès lors à étudier cette association, en vue de contribuer à l’enrichissement des connaissances relatives à ce phénomène. Afin de mieux comprendre ce lien, un modèle de recherche incluant à la fois des variables explicatives (i.e., les ruminations affectives et le stress perçu lié au travail) et des variables modératrices (i.e., l’autocompassion et les attentes de réduction de la tension envers l’alcool) a été développé à partir de la revue de la littérature. Des hypothèses de médiation, de modération et de médiation modérée ont alors été formulées. Celles-ci ont été testées au travers d’un questionnaire quantitatif auto-rapporté, adressé aux employés. Les analyses statistiques ont permis de démontrer l’existence d’une relation indirecte positive entre la déshumanisation organisationnelle et la consommation d’alcool comme stratégie de coping. En effet, elles soulignent l’effet de médiation partiel et positif des ruminations affectives, ainsi que l’effet de médiation total et positif du stress perçu lié au travail dans cette relation. Cependant, lorsque ces deux variables explicatives sont analysées conjointement, nous observons la disparition de l’effet médiateur des ruminations affectives, et l’importance de l’effet médiateur total du stress perçu lié au travail. Ces observations soulignent le rôle explicatif central de la perception du stress professionnel au sein de cette relation. Par ailleurs, aucun effet médiateur significatif n’a été identifié entre cette perception de déshumanisation et la consommation d’alcool pendant ou après le travail. Les résultats indiquent également que des attentes élevées de réduction de la tension à l’égard de l’alcool amplifient l’intensité de la relation entre le stress perçu lié au travail, ainsi que la déshumanisation organisationnelle, et la consommation d’alcool comme stratégie de coping. En revanche, les autres hypothèses de modération et de médiation modérée n’ont pas été soutenues par nos données. Ces résultats permettent de renforcer la compréhension du phénomène de déshumanisation organisationnelle, et d’étendre son panel de conséquences dommageables. Ils ouvrent également la voie à de futures recherches, qui gagneraient à tenir compte des limites relevées au sein de ce travail, ainsi que des recommandations formulées en vue d’approfondir cette relation.