L'attrait des adolescent·e·s pour les métiers en pénurie : quels sont les déterminants et comment le stimuler ?

(2026)

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En Wallonie, de nombreux secteurs rencontrent des difficultés de recrutement, notamment l’enseignement, la santé, la construction, l’industrie, le numérique, l’Horeca ou encore les métiers techniques. Ce mémoire, sous format d’article scientifique, s’intéresse donc à l’attrait des adolescent·e·s pour les métiers en pénurie et cherche à comprendre quels facteurs contribuent à les rendre plus ou moins attractifs aux yeux des jeunes.   Le travail s’appuie sur deux cadres théoriques. La théorie de la circonscription et du compromis de Gottfredson (1981) permet de comprendre comment les aspirations professionnelles s’organisent autour des dimensions de genre et de prestige. Ensuite, la théorie sociocognitive de la carrière de Lent et al. (1994) met en lumière le rôle du sentiment d’efficacité personnelle, des soutiens, des barrières perçues et des différentes influences contextuelles dans le développement de l’intérêt professionnel.   Les données récoltées proviennent d’un questionnaire administré à 1923 élèves âgés de 10 à 19 ans. Les analyses portent sur les métiers cités spontanément par les élèves et sur l’intérêt déclaré pour plusieurs métiers préalablement sélectionnés. Les résultats indiquent que les métiers en pénurie ne sont pas absents des envies des jeunes et suscitent même un intérêt légèrement supérieur aux autres métiers évalués. Les aspirations professionnelles des élèves semblent fortement structurées par le genre, tandis que le prestige des métiers varie en fonction de la filière scolaire fréquentée, et plus faiblement, selon le statut socio-économique subjectif.   Le résultat principal est le rôle du sentiment d’efficacité personnelle spécifique, les élèves sont davantage intéressés par certains métiers en pénurie lorsqu’ils se sentent capables de les exercer. Cela suggère que l’attractivité des métiers en pénurie ne dépend pas uniquement de l’information disponible sur les débouchés, mais aussi de la manière dont les jeunes peuvent se représenter ces métiers, comme désirables, accessibles, compatibles avec l’image d’eux-mêmes. Les pistes futures invitent donc à développer des dispositifs d’orientation plus concrets, à travailler sur les représentations des métiers, les stéréotypes de genre et le sentiment de compétences des élèves.