Impact de l'immunisation par anticorps monoclonal sur la prise en charge ambulatoire des infections à VRS chez les nourrissons de moins de 14 mois : une approche en santé publique, étude rétrospective.
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- Contenu : Le virus respiratoire syncytial (VRS) reste l’une des principales causes d’infection respiratoire aiguë chez le nourrisson et exerce une pression sur les services pédiatriques, particulièrement en période hivernale. Depuis septembre 2024, une campagne d’immunisation anti VRS saisonnière a été lancée en Belgique. Si l’impact de l’immunisation sur les hospitalisations a été documenté à l’échelle nationale et internationale, ses effets sur les urgences (premier niveau de recours aux soins) reste peu étudié. Ce mémoire cherche donc à évaluer l’impact de l’immunisation contre le VRS sur la fréquentation des urgences, la présentation clinique et la prise en charge des nourrissons de moins de 14 mois souffrant d’infections respiratoires, en comparant les données entre les périodes épidémiques 2023-2024 et 2024-2025 et également selon le statut d’immunisation des enfants. Nous discutons également de l’importance d’optimiser les stratégies de prévention, d’en améliorer le monitoring et de promouvoir l’équité dans l’accès à la prévention. Méthode : Il s’agit d’une étude rétrospective monocentrique menée aux urgences pédiatrique de l’hôpital Delta (Chirec, Bruxelles), comparant deux saisons épidémiques hivernales en 2023-2024 (pré-immunisation) et 2024-2025 (première année d’immunisation). La population étudiée inclut les nourrissons de moins de 14 mois amenés aux urgences pour motif d’infection respiratoire. Les données ont été extraites des dossiers patients informatisés et analysées après pseudonymisation via le logiciel IBM SPSS pour les tests statistiques. Résultats : La cohorte comprend 636 nourrissons en 2023-2024 et 478 en 2024-2025. Le nombre de passages pour infection respiratoire toutes causes confondues dans notre cohorte a diminué de 24,8 % entre les deux saisons, et parmi eux la proportion de VRS confirmé, a, elle aussi, diminué (39.1% VS 14.7%). Une modification de la saisonnalité a également été observée, conformément aux tendances rapportées par Sciensano. De plus, parmi les nourrissons se présentant aux urgences avec un VRS confirmé/possible, le taux de retour à domicile a augmenté de manière significative entre les deux saisons (66.9% VS 86.8%). Aucun transfert en soins intensifs pédiatriques n’a été observé en 2024-2025, contre 3 en 2023-2024. Après comparaison des signes cliniques selon le statut d’immunisation, une différence significative a été observée pour la désaturation, présente uniquement dans le groupe des non-immunisés. Les autres signes cliniques ne montraient pas de différence statistiquement significative mais reste à évaluer sur de plus grandes cohortes. Enfin les taux de prescriptions d’antibiotiques étaient comparables entre les deux saisons, correspondant à une diminution du nombre total d’enfants traités en 2024-2025. Conclusion : Les différents résultats suggèrent un impact positif du nirsevimab dès le premier niveau de recours aux soins, en cohérence avec les données issues de la littérature. Nos observations plaident donc pour une poursuite et une amélioration de la campagne d’immunisation qui pourrait aider à préserver les ressources hospitalières et économiques en période épidémique. Enfin, cette étude souligne l’importance de futures recherches multicentriques belges permettant d’obtenir des résultats davantage généralisables.