Inégalités de santé en Région de Bruxelles-Capitale : Une analyse territoriale des déterminants socio-économiques, d'accessibilité aux soins et environnementaux

(2026)

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La Région de Bruxelles-Capitale se caractérise par de fortes disparités socio-économiques et environnementales entre ses 19 communes, coexistant avec une offre de soins abondante mais inégalement répartie. Ce travail analyse dans quelle mesure les déterminants socio-économiques, d'accessibilité aux soins et environnementaux permettent d'expliquer les disparités de santé observées à cette échelle, afin d'identifier les leviers d'action prioritaires pour les politiques publiques bruxelloises. L'étude adopte une approche quantitative et territoriale fondée sur des données institutionnelles actualisées (principalement 2017-2025). Deux variables dépendantes ont été retenues : l'espérance de vie à la naissance et le taux standardisé de mortalité prématurée. Treize variables indépendantes ont été mobilisées couvrant trois dimensions: socio-économique (statut BIM, revenu médian), accessibilité aux soins (densité de médecins généralistes, maisons médicales, hôpitaux) et environnementale (densité de population, logements, espaces verts, pollution atmosphérique et exposition au bruit). L'analyse repose sur des coefficients de détermination (R²) issus de régressions bivariées reliant chaque variable indépendante à chaque variable dépendante , à l'échelle des 19 communes. Les résultats font apparaître des inégalités intercommunales significatives selon un gradient territorial nord-ouest / sud-est. L'espérance de vie varie de plus de cinq ans entre les communes extrêmes et le taux de mortalité prématurée est plus du double à Anderlecht par rapport à Woluwe-Saint-Pierre. Le statut BIM et le revenu médian présentent les associations les plus fortes, suivis des conditions de logement et de la pollution atmosphérique. L'offre de soins et les espaces verts n'affichent pas d'association linéaire à cette échelle, en raison respectivement d'une implantation compensatoire dans les communes défavorisées et d'une répartition déterminée par la morphologie urbaine plutôt que par le niveau de vie. Les communes du croissant pauvre cumulent simultanément l'ensemble des désavantages, confirmant la pertinence d'une lecture en termes de causes fondamentales.