Étude des processus psychologiques de perfectionnisme et de dysmorphophobie en jeu dans la pratique excessive des sports de résistance

(2025)

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Résumé : Le trouble dysmorphique corporel (TDC), le perfectionnisme et l’addiction à l’exercice sont fréquemment évoqués dans les sports de résistance, mais leur dynamique conjointe reste mal comprise. Cette étude examine la relation entre ces trois processus chez 167 pratiquants francophones de musculation, power-lifting, haltérophilie, callisthénie et disciplines assimilées (M_âge = 24,15 ans ; 76,6 % hommes). Méthode : Les participants ont complété en ligne le Dysmorphic Concern Questionnaire (DCQ), l’Exercise Dependence Scale–Revised (EDS-R) et deux sous-échelles du Multidimensional Inventory of Perfectionism in Sport (MIPS : Striving for Perfection et Negative Reactions to Imperfection). Des régressions multiples montrent : une association spécifique entre le perfectionnisme mal-adaptatif (Negative Reactions) et l’intensité du TDC (β = .26, p < .002) ; un lien modéré entre l’addiction globale à l’exercice et le TDC (β = .18, p < .018), mais seule la dimension Sevrage (withdrawal) prédit significativement le DCQ (β = .30, p < .001) ; lorsque perfectionnisme et addiction sont considérés simultanément, seule le perfectionnisme mal-adaptatif (Negative Reactions) montre une association avec l’intensité du TDC (β = .24, p < .008) ; le perfectionnisme mal-adaptatif et le sevrage expliquent conjointement 14 % de la variance du TDC, alors que le perfectionnisme adaptatif (Striving) reste non significatif. Conclusion : Les analyses révèlent que seul le perfectionnisme mal-adaptatif est systématiquement lié au TDC, tandis que l’addiction à l’exercice n’est prédictive que lorsqu’elle implique des symptômes de sevrage. Cela suggère une régulation émotionnelle fondée sur l’évitement plutôt qu’une recherche de performance. Ces résultats appellent à une stratégie de prévention globale, intégrant santé mentale, éducation critique aux médias et responsabilisation des environnements numériques.