Implication du microbiote intestinal dans la régulation hédonique de la prise alimentaire

(2019)

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Avec 1 personne sur 4 souffrant d’obésité ou de surpoids dans le monde, cette maladie chronique est maintenant reconnue comme une réelle épidémie. L’obésité est associée à de nombreux troubles métaboliques tels que le diabète de type 2, des maladies cardiovasculaires et donc à une augmentation de la morbidité et de la mortalité. Il est devenu essentiel de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à cette maladie pour identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. La consommation d’une alimentation occidentale, riche en sucres et en graisses, joue un rôle crucial dans le développement de l’obésité. La régulation de la prise alimentaire est médiée, d’une part, par une composante homéostasique (prise alimentaire en fonction des besoins physiologiques) et, d’une autre part, par une composante hédonique (la prise alimentaire pour le plaisir). Il est maintenant clairement établi que ces 2 composantes sont modifiées chez un patient obèse. Comme le rôle du microbiote intestinal dans la modification de la régulation homéostasique a été démontré dans la littérature, nous avons cherché à savoir si les bactéries intestinales étaient capables d’influencer la régulation alimentaire par modification de la composante hédonique encodée par le système de la récompense dopaminergique. Pour se faire, une première cohorte de souris (souris donneuses) a reçu soit une alimentation contrôle soit une alimentation riche en graisses permettant d’induire un phénotype obèse. Au terme de plusieurs semaines et à la suite de différentes expériences, les souris ont été sacrifiées et leur microbiote a été gavé aux souris receveuses qui avaient préalablement reçu un traitement antibiotique permettant de supprimer leur microbiote. Toutes les souris receveuses ont ensuite été nourries par une alimentation contrôle et ont été sujettes aux mêmes expérimentations que celles réalisées sur les souris donneuses à savoir un test de préférence alimentaire, un test d’activité locomotrice sous amphétamines et une analyse par PCR et WB de l’expression de différents ARNm et protéines impliqués dans le système de la récompense. Chez les souris donneuses, nous avons observé, comme attendu, une diminution significative de la consommation en O2, de la production en CO2 et de la dépense énergétique chez les souris HFD. Lors du test de préférence alimentaire les souris obèses ne présentaient pas de préférence pour la nourriture HFHS, conformément à ce qui peut être lu dans la littérature. Les souris obèses montraient aussi une tendance à une diminution de l’activité locomotrice sous amphétamine et à une diminution de l’expression du récepteur D2 dans le striatum. Chez les souris receveuses, nous avons observé une belle tendance à une diminution de l’expression relative de l’ARNm des récepteurs D1 et D2 dans le striatum des souris obèses et une diminution significative de l’expression de D2R dans le striatum. Les résultats obtenus chez nos souris receveuses, nourries par alimentation contrôle, suggèrent qu’une partie du phénotype ai été transféré avec le microbiote. Cette étude, unique, étant la première à traiter de ce sujet, ces résultats sont tout à fait encourageants. Il serait intéressant de recommencer les expériences avec un nombre plus important de souris pour confirmer les résultats.