Comment les PME durables concilient-elles leur mission socio-environnementale avec les impératifs de viabilité économique lors de leur internationalisation ?
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- Face à l’épuisement des ressources et à la montée des attentes socio-environnementales, un nombre croissant de PME placent la durabilité au sein de leur modèle d’affaires. Lorsqu’elles s’internationalisent, ces entreprises se heurtent toutefois à une tension : concilier leur mission socio-environnementale avec leurs impératifs de viabilité économique. Ce mémoire examine la manière dont les PME durables gèrent cet équilibre à l’international, à partir d’une étude de cas multiples reposant sur dix entretiens semi-directifs menés auprès de PME durables wallonnes. Structurée autour des motivations, des modes d’entrée, des tensions rencontrées et des stratégies d’arbitrage, l’analyse montre que les dimensions du Triple Bottom Line ne pèsent pas de manière équivalente. L’internationalisation répond avant tout à des impératifs de croissance et de viabilité économique, tandis que la mission durable guide davantage les choix opérés qu’elle ne constitue le principal déclencheur. Elle fait émerger plusieurs tensions telles que le coût du durable, la réglementation, la logistique et la maturité variable des marchés en matière de durabilité. Pour y faire face, les entreprises arbitrent en permanence entre ces deux dimensions, en donnant toutefois la priorité à leur viabilité économique : celle-ci apparaît comme une condition à assurer avant de pouvoir déployer pleinement leur impact durable. Trois apports se dégagent : la portée transformatrice limitée de ces PME, l’identification de trois profils de durabilité, et le rôle décisif mais ambivalent de la réglementation comme levier de transition. La recherche ouvre ainsi une piste encore peu explorée, à l’intersection du regulatory entrepreneurship et de l’internationalisation des PME durables.