Étude des processus psychologiques liés à l’hyper- investissement dans les pratiques sportives d’ultra- endurance

(2026)

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L’activité physique est largement reconnue pour ses bénéfices sur la santé physique et mentale, mais un engagement intensif peut, dans certains cas, s’accompagner de coûts psychologiques. Cet hyper-investissement dans les pratiques sportives est fréquemment conceptualisé à partir du modèle de l’addiction à l’exercice, reposant sur la transposition de critères issus des troubles liés aux substances, approche qui fait l’objet de critiques quant à sa capacité à distinguer un engagement adaptatif d’un fonctionnement problématique. Dans cette perspective, la présente étude s’intéresse aux processus psychologiques liés à l’hyper-investissement dans des pratiques d’ultra-endurance, en examinant si la compulsivité, entendue comme l’expérience de se sentir obligé d’agir malgré la conscience de conséquences négatives, permet de mieux rendre compte de ces dynamiques que les sous-dimensions de l’addiction à l’exercice. Les données ont été recueillies auprès de 220 pratiquants d’ultra- endurance via un questionnaire en ligne anonyme , incluant des mesures d’addiction à l’exercice, de compulsivité, de stratégies de coping à la douleur et de burnout athlétique, puis analysées à l’aide de modèles d’équations structurelles visant à comparer leurs contributions prédictives respectives. Les résultats ne soutiennent pas l’hypothèse d’un effet dominant de la compulsivité, celle-ci ne discriminant pas davantage les processus étudiés que les sous-dimensions de l’addiction, certaines d’entre elles, notamment la continuité, conservant un rôle prédictif significatif, tandis que d’autres apparaissent peu informatives. Dans l’ensemble, ces résultats mettent en évidence l’hétérogénéité des dimensions de l’addiction et suggèrent que la compréhension de l’hyper-investissement dans les pratiques sportives d’ultra- endurance ne peut être réduite à un seul construit, mais nécessite une approche intégrative des processus psychologiques impliqués afin de mieux distinguer les formes fonctionnelles des formes problématiques d’engagement.