Entre l’Union européenne et la Russie : la diaspora arménienne de Belgique (18-35 ans) face aux réorientations politiques de l’Arménie depuis 2023

(2026)

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La prise du Haut-Karabakh par l’Azerbaïdjan en septembre 2023 marque la perte d’un territoire symbolique pour l’identité arménienne et la fin de trois décennies de conflit. L’inaction de la Russie et de l’OTSC remet en question la dépendance de l’Arménie envers son allié historique russe et conduit à un rapprochement progressif avec l’Union européenne. Dans un contexte de reconfiguration des partenariats, ce mémoire examine les perceptions de la jeune diaspora arménienne de Belgique (18-35 ans) à l’égard des vecteurs d’influence russes et européens dans une optique de rapprochement de l’Arménie avec l’UE et de son éloignement de la Russie entre 2023 et 2025. À cette fin, notre recherche s’appuie sur le constructivisme, le concept de puissance douce et de puissance dure, ainsi que sur l’analyse thématique des entretiens semi-directifs menés auprès de la diaspora. Nos résultats montrent que l’identité de la diaspora, fortement marquée par l’identité arménienne et la mémoire collective liée au conflit du Haut-Karabakh, constitue le prisme d’interprétation des vecteurs d’influence déployés en Arménie. Sur le plan culturel, la socialisation européenne de la diaspora renforce l’attractivité des normes de l’UE au détriment des valeurs russes, sans pour autant prôner un alignement culturel de l’Arménie sur l’UE. Sur le plan sécuritaire, la non-intervention de la Russie provoque une crise de confiance profonde vis-à-vis de son statut de garant de sécurité et conduit à la remise en question de l’alignement militaire sur Moscou. Enfin, sur le plan économique, la dépendance à l’égard de la Russie est perçue comme une contrainte en raison de sa nature asymétrique. Par conséquent, la dépendance vis-à-vis de Moscou fait apparaître toute tentative de rapprochement avec l’UE comme coûteuse aux yeux de la diaspora, dans la mesure où l’UE ne dispose pas encore d’une offre capable de contrebalancer l’influence dominante de la Russie dans les domaines militaire et économique. Ces dynamiques conduisent ainsi les membres à envisager non pas une substitution de la Russie, mais plutôt une stratégie de diversification des partenariats et de renforcement de l’autonomie de l’Arménie.