Reconversion professionnelle dans l’enseignement : un saut dans l’inconnu, avec ou sans parachute ? Analyse de l’insertion socioprofessionnelle des enseignants de seconde carrière en FW-B et du soutien mis en place.
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- Face à la pénurie persistante d’enseignants en Fédération Wallonie-Bruxelles et aux nombreux abandons de poste, les enseignants de seconde carrière apparaissent comme une solution prometteuse. Pourtant, leur entrée dans la profession constitue un véritable saut dans un environnement de travail alors inconnu, dont l’issue dépend notamment des ressources mobilisées pour les maintenir. La métaphore du parachute, utilisée dans le titre, reflète cette réalité. Lorsque des conditions soutenantes sont réunies, l’atterrissage dans ce nouveau cadre professionnel se fait en douceur : la réussite de l’insertion socioprofessionnelle est assurée. À défaut, l’absence d’un soutien adéquat peut entrainer une chute brutale, marquée par l’abandon volontaire et prématuré de poste. Dans cette recherche, nous nous sommes intéressés à la manière dont ces enseignants, récemment engagés suite à une reconversion professionnelle, vivent leurs premiers pas dans la profession. Sur base d’une méthodologie qualitative, nous avons mené dix entretiens semi-directifs avec des enseignants de seconde carrière novices. Nous avons exploré les motifs de leur engagement, les défis rencontrés, leur perception du soutien dont ils ont bénéficié ainsi que les potentielles raisons de quitter l’enseignement ou de s’y maintenir. Les résultats ont révélé que leur réorientation est généralement motivée par une quête de sens et une insatisfaction vis-à-vis de leur emploi précédent. Une fois en poste, ils ont fait face à diverses difficultés d’ordre pédagogique, organisationnel, structurel et social. Le soutien dont ils ont bénéficié leur a permis de partiellement les surmonter, mais il demeure toutefois insuffisant. Malgré des conditions d’emploi précaires, ces enseignants ont choisi de rester, animés par leur nouvelle mission et profondément attachés à leur communauté éducative. Notre étude invite à prolonger notre réflexion en interrogeant d’autres sous-populations, notamment les enseignants de seconde carrière ayant quitté le métier. Recueillir d’autres points de vue, par exemple celui des directions, des collègues ou des élèves, permettrait de croiser les regards sur l’expérience singulière d’insertion socioprofessionnelle vécue par ces individus.