Exploration expérimentale de la nociception et de la douleur dans le trouble de l'usage de l'alcool.

(2026)

Files

PEETERS_Delphine_33762500_2025-2026.pdf
  • Open access
  • Adobe PDF
  • 1.23 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
Le trouble de l’usage de l’alcool (TUA) et la douleur représentent deux enjeux majeurs de santé publique. De nombreuses données montrent l’existence d’une relation bidirectionnelle entre alcool et douleur, cependant très peu d’études expérimentales sont disponibles. Si l’alcool possède des propriétés analgésiques aiguës, une consommation chronique est associée à une hyperalgésie et à des altérations des mécanismes de modulation de la douleur. Ces modifications impliqueraient notamment les voies descendantes inhibitrices de la nociception. Le paradigme de Conditioned Pain Modulation (CPM), reposant sur le principe de « la douleur inhibe la douleur », constitue un outil pertinent pour explorer ces mécanismes. L’objectif de cette étude était de finaliser et valider un protocole expérimental de mesure du CPM chez des participants sains, dans la perspective d’une future application à des patients présentant un TUA. 31 volontaires sains ont été recrutés pour cette expérience. Les seuils de douleur ont été évalués à l’aide d’une thermode appliquée sur l’avant-bras droit pour le stimulus test, tandis que le stimulus conditionnant était une plaque froide sur laquelle était posée la main gauche. Quatre conditions expérimentales ont été testées, combinant deux facteurs : le type de stimulus conditionnant (douloureux à 8 °C vs non douloureux à température cutanée) et le type de procédure (parallèle vs séquentielle). Les variations des seuils de douleur avant et pendant/après stimulation ont été calculées sous forme de delta de température. Des analyses descriptives, des tests t de Student, une ANOVA à mesures répétées et des corrélations de Pearson ont été réalisés à l’aide du logiciel Jamovi. Les résultats mettent en évidence des effets de modulation de la douleur limités et peu robustes sur le plan statistique. Si certaines analyses (tests t) suggèrent une variation significative du seuil dans la condition douloureuse parallèle, l’ANOVA démontre que la variation de seuil n’est pas différente des conditions contrôles. Cela suggère donc que le protocole actuel ne permet pas d’isoler de manière fiable les mécanismes inhibiteurs descendants associés au phénomène de CPM. Ce travail constitue néanmoins une étape importante dans le développement d’un protocole expérimental fiable à l’étude du CPM en général et afin de l’appliquer ultérieurement à des patients présentant un TUA. Il souligne la complexité de l’étude du phénomène de CPM chez l’humain ainsi que la nécessité de poursuivre les recherches afin d’optimiser les procédures expérimentales.