Influence des défis viraux sur les comportements à risque des adolescents. Enjeux et implications pour la santé publique
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- Contenu : L’usage des réseaux sociaux s'est profondément ancré dans le quotidien des adolescents : plus de 80 % des 11-16 ans européens y sont connectés au moins une fois par semaine (EU Kids Online, 2020). Dans ce contexte, les défis viraux ont émergé comme une pratique numérique participative dont certaines variantes présentent des risques sanitaires documentés (brûlures, intoxications, asphyxie, atteintes psychologiques, décès). Le phénomène reste cependant mal balisé scientifiquement, particulièrement en Belgique il y a très peu de dispositif épidémiologique à ce sujet. Ce mémoire vise à clarifier dans quelle mesure les défis viraux influencent les comportements à risque des adolescents et quels enjeux ce phénomène pose pour la santé publique, en croisant les dimensions psychosociales, algorithmiques, médiatiques et institutionnelles. Méthodes : Le travail repose sur une revue narrative de la littérature internationale et nationale, conduite via PubMed, Scopus ,Google Scholar, … et à partir de mots-clés en français et en anglais et de descripteurs MeSH (Social Media, Adolescent Behavior, Risk-Taking, Self-Injurious Behavior). Environ 60 sources de trois niveaux de preuve ont été retenues : études peer-reviewed, rapports institutionnels (OMS, ANSES, Medienanstalt NRW, UNICEF, AFMPS, CSA Belgique, Commission européenne) et sources journalistiques à titre illustratif. Deux retranscriptions vidéo d'experts francophones (Haza, Pommereau) ont également été intégrées. Résultats : Cinq constats principaux ressortent. Premièrement, le phénomène est hétérogène : en effet selon la NRW (2022), seules 1,1 % des vidéos de défis analysées sont potentiellement mortelles, contre 64,6 % de contenus neutres. Deuxièmement, il existe un décalage marqué entre exposition (près de la moitié des adolescents) et participation directe (moins de 10 %), suggérant un mécanisme de normalisation par l'exposition répétée. Troisièmement, la participation s'explique par une combinaison de motivations individuelles (reconnaissance sociale, amusement, démonstration de compétences), d'influence des pairs et d'amplification algorithmique, la moitié des participants à des défis dangereux déclarant ne pas avoir conscience des risques. Quatrièmement, il faut distinguer les risques généraux des réseaux sociaux (FOMO, comparaison sociale, cyberharcèlement) des risques spécifiques aux défis dangereux, qui impliquent une tout autre participation. Ces constats montrent que les défis viraux constituent un objet de santé publique à part entière, appelant une approche intégrée combinant éducation aux médias, régulation des plateformes, accompagnement parental et prévention par les pairs.