Étude de l’impact des différents types de paillage sur la santé des sols, le développement des légumes et la gestion des adventices dans un contexte de maraîchage biologique sur petite surface
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- Dans un contexte marqué par le changement climatique et la nécessité de réduire les impacts environnementaux de l’agriculture, le paillage constitue une pratique importante en maraîchage biologique. Il limite l’évaporation, protège la structure du sol et optimise l’utilisation de l’eau. Cependant, l’usage des bâches plastiques soulève des préoccupations liées à leur caractère non biodégradable. Les paillages organiques, vivants ou non-vivants, apparaissent comme des alternatives intéressantes pour le maraîchage petite surface. Ce mémoire compare cinq modalités de paillage afin d’évaluer leurs effets sur la santé des sols, le développement des légumes et la gestion des adventices, dans le cadre de la deuxième année d’un essai de longue durée mené aux Fermes universitaires de l’UCLouvain à Lauzelle. Les résultats montrent que les effets des paillages varient en fonction des indicateurs étudiés. En début de saison, le BRF présente la meilleure structure du sol. Le Miscanthus est associé à une humidité excessive et à des signes d’engorgement, ayant probablement contribué à la mortalité de plusieurs salades. La bâche plastique favorise un réchauffement et un ressuyage plus rapides du sol au printemps. Elle permet aussi le meilleur développement des épinards et des salades, qui présentent une biomasse commercialisable nettement supérieure à celle des cultures implantées sur BRF et Miscanthus. Cependant, ces résultats s’accompagnent de signes de faim d’azote sur les paillages organiques morts, particulièrement sous Miscanthus, malgré l’absence d’effets chimiques clairement significatifs sur l’azote du sol. Les indicateurs biologiques mettent en évidence les bénéfices des paillages organiques. Le BRF et le Miscanthus favorisent davantage les populations de lombrics que les modalités de sol nu. De même, la biomasse microbienne est significativement plus élevée sous BRF que sous bâche plastique, ce qui souligne l’importance des apports de matière organique en surface pour soutenir l’activité biologique du sol. Les paillages vivants, à savoir le mix et le trèfle, favorisent les taux d’infiltration les plus élevés, probablement grâce à leur système racinaire. Ils réduisent néanmoins l’humidité du sol par évapotranspiration et peuvent ainsi entrer en compétition avec les cultures pour l’accès à l’eau, surtout durant les périodes chaudes et sèches. Enfin, les différences de gestion des parcelles ne permettent pas de conclure précisément sur leur effet concernant les adventices. Dans les conditions de l’essai, la bâche plastique demeure donc la modalité la plus productive à court terme. Les paillages organiques et vivants présentent toutefois des avantages importants pour la structure, l’activité biologique et le fonctionnement hydrologique du sol. La poursuite de l’expérience sera nécessaire afin de confirmer ces tendances et d’évaluer les effets à plus long terme sur la fertilité et la durabilité du système maraîcher.