Les classes socio-économiques sont-elles représentées au Parlement ? Le cas de la Chambre des représentants de Belgique

(2026)

Files

WIBAUT_22682000_2026.pdf
  • Closed access
  • Adobe PDF
  • 4.26 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
La Belgique est un pays assez particulier et ce, pour plusieurs raisons. En ce qui concerne les citoyens belges, une opinion assez répandue les concerne : ils seraient des êtres chaleureux et simples. Et pourtant, c’est tout le contraire du fonctionnement politique de leur pays. En effet, la Belgique est un État fédéral où les pouvoirs sont répartis entre six niveaux différents : communal, provincial, communautaire, régional, fédéral et européen. Dans une interview accordée à la RTBF en 2017, l’ancien Premier ministre belge et ancien président du Conseil européen, Charles Michel, affirmait qu’il y avait 53 ministres, 467 parlementaires et 14 029 conseillers provinciaux et locaux en Belgique. Dans un pays où vivent environ 11 800 000 habitants, nous pouvons légitimement dire que cela fait beaucoup d’élus. Cette situation est notamment la conséquence de diverses réformes de l’État qui ont commencé dans les années 1970 et qui ont conduit à façonner le pays tel qu’il est aujourd’hui. Dans ce contexte, nous pouvons curieusement nous demander comment la représentativité des citoyens est réellement assurée par cette forme particulière de fragmentation politique. Naturellement, de nombreux facteurs ont joué un rôle dans ces grands changements. C’est en vérité une succession d’événements historiques qui a amené la Belgique à cette situation. Si nous voulons examiner l’évolution historique de la structure de l’État belge au fil du temps, il existe déjà de nombreuses ressources scientifiques sur le sujet, notamment depuis la première réforme de l’État. Il y a tout d’abord les compromis politiques, que l’on nomme affectueusement en Belgique les « compromis à la Belge ». Les réformes institutionnelles sont en effet toujours le résultat d’accords entre les différents partis du gouvernement, dont l’objectif est de parvenir à un consensus. À ce titre, nous pouvons affirmer que la Belgique dispose d’un système particratique très puissant qui détermine la grande majorité des décisions prises pour le pays tout entier. Ensuite, différents groupes sociaux (comme les syndicats, les mutualités, la société civile,…) influencent également le système politique pour défendre leurs intérêts. Ils ont eux aussi pesé sur les décisions à chaque étape de l’évolution du système politique belge. En quelques mots, si nous examinons la trajectoire historique du système politique belge, nous avons évolué vers un paradigme représentatif de plus en plus fragmenté et décentralisé. Néanmoins, à la base, le « cœur » de la représentation de l’ensemble de la population belge se trouve à la Chambre des représentants, donc au Parlement fédéral. C’est à ce niveau de pouvoir que siègent les représentants du Royaume de Belgique dans son unité. Et c’est sur ce niveau de pouvoir spécifique que je me concentrerai dans le cadre de cette recherche. Cependant, en ce qui concerne cette représentation, je m’interroge particulièrement sur la mesure dans laquelle cette représentativité s’exerce réellement. Les responsables politiques affirment défendre les intérêts de ceux qu’ils représentent, et les citoyens prennent rarement le temps de vérifier leurs actions parlementaires pour les juger. Par ailleurs, concernant ces mêmes citoyens, ils sont, comme dans toutes les sociétés, divisés en plusieurs catégories qui stratifient la société. Cette classification socio-économique peut varier selon les perceptions et les critères utilisés. Traditionnellement, en Belgique comme en Europe, nous distinguons ces trois catégories sociales dans les analyses sociologiques qui sont effectuées : la classe ouvrière, la classe moyenne et la classe supérieure (Drevon, 2018). De mon côté, je prendrai le temps d’établir les critères structurants qui m’intéressent dans les parties qui suivront cette introduction, mais il est important de mentionner dès à présent cet aspect au cœur de ce mémoire. Contrairement à l’approche historique évoquée précédemment, et en tenant compte des catégories socio-économiques stratifiant nos sociétés, l’objectif de cette recherche est de comprendre la réalité actuelle de la représentation dans notre pays. En ce sens, ma question de recherche sur laquelle portera cette étude est donc la suivante : les classes socio-économiques sont-elles représentées au Parlement ? Et ce, dans le cas précis de la Chambre des représentants de Belgique pour la législature 2024-2029.