Évaluation géoclimatique et cartographie de l’évolution du potentiel viticole en Belgique

(2026)

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Depuis le début du XXIe siècle, la viticulture belge connaît une croissance importante, dans un contexte où le changement climatique modifie progressivement les conditions favorables à son développement dans les régions septentrionales. Ce mémoire vise à évaluer l’évolution récente et future du potentiel viticole en Belgique à partir d’une approche géoclimatique, cartographique et multicritère. L’étude s’appuie d’abord sur la constitution d’un jeu de données national des parcelles viticoles déclarées en Wallonie et en Flandre. Ces parcelles sont caractérisées selon leurs propriétés pédologiques, hydriques, topographiques et radiatives. Les données pédologiques proviennent de la Carte numérique des sols de Wallonie et de la Bodemkaart van Vlaanderen, tandis que la réserve en eau utile et la profondeur d’apparition d’une contrainte à l’enracinement sont étudiées à partir de l’ESDB. L’altitude, la pente, l’orientation et le rayonnement solaire potentiel sont dérivés du modèle numérique de terrain Copernicus. Plusieurs indices bioclimatiques sont ensuite calculés pour la période 1991–2024 : l’indice héliothermique de Huglin, le Dryness Index, le Cool Night Index, le Last Spring Frost, les Frost Days after a fixed date, ainsi qu’un indice simplifié de pression climatique potentielle du mildiou. Ces indicateurs permettent de décrire les principales contraintes climatiques pesant sur la vigne en Belgique : disponibilité thermique, bilan hydrique, fraîcheur nocturne, risque de gel printanier et pression potentielle du mildiou. Les résultats montrent que la Belgique dispose actuellement d’un potentiel viticole réel, mais encore très limité spatialement selon le croisement multicritère appliqué. Pour la période 1991–2024, les zones favorables représentent environ 0,2 % du territoire et se concentrent principalement dans le nord-est du pays. Cette faible superficie résulte de l’interaction entre les contraintes climatiques, en particulier le bilan hydrique et la disponibilité thermique, et les propriétés pédologiques et topographiques du territoire. À l’horizon 2081–2100, les projections indiquent une extension importante des zones favorables, qui atteindraient 13,5 % du territoire sous le scénario RCP8.5. Leur superficie serait multipliée par 62,9 par rapport à la période 1991–2024. Cette progression traduit l’amélioration des conditions thermiques nécessaires à la maturation des raisins, mais s’accompagne également d’une diminution marquée du Dryness Index. Lorsque les limitations climatiques actuelles s’atténuent, les propriétés du sol, l’altitude, la pente, l’orientation et la disponibilité hydrique deviennent davantage déterminantes dans la localisation des zones favorables. Ce travail montre ainsi que l’avenir de la viticulture belge ne dépendra pas uniquement de l’augmentation des températures. Le choix des sites, la sélection variétale, la gestion du risque de gel, la maîtrise de la pression du mildiou et l’adaptation aux propriétés locales du sol resteront essentiels. Les cartes produites constituent donc un outil d’aide à la décision à l’échelle nationale, à compléter par des analyses de terrain et des mesures microclimatiques plus fines pour tout projet d’implantation viticole.