Agriculture de conservation et résilience à la sécheresse en Wallonie : Quel rôle joue l'agriculture de conservation des sols dans l'atténuation des effets de la sécheresse en Wallonie ?

(2026)

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Les sécheresses de ces dernières années ont mis en évidence la vulnérabilité des rendements agricoles face aux déficits hydriques, notamment pour la culture du maïs. Cette vulnérabilité ne dépend pas uniquement des précipitations, mais aussi de la capacité du sol à infiltrer, stocker et restituer l’eau au moment où les besoins de la culture sont les plus élevés. L’agriculture de conservation est souvent présentée comme un ensemble de pratiques susceptibles d’améliorer la disponibilité en eau et la résilience des cultures face à la sécheresse. Dans les sols limoneux wallons, l’importance relative des mécanismes impliqués reste toutefois peu quantifiée. Ce mémoire évalue dans quelle mesure l’agriculture de conservation peut améliorer la résilience du maïs à la sécheresse par rapport à un système conventionnel. Le modèle mécaniste APSIM Classic est utilisé pour construire des scénarios isolant successivement plusieurs leviers : limitation de l’exploration racinaire, augmentation de la conductivité hydraulique de surface, réduction du ruissellement, enrichissement en carbone organique et maintien de résidus en surface. Ces mécanismes sont ensuite combinés dans un scénario final. Les résultats montrent une forte variabilité interannuelle du stress hydrique, dont l’effet dépend de son intensité, de sa durée et de sa position dans le cycle de culture du maïs. Dans les scénarios testés, la limitation racinaire et l’augmentation de la conductivité hydraulique à saturation en surface présentent des effets négligeables, tandis que la réduction du ruissellement et l’augmentation du carbone organique produisent des bénéfices modestes. Le maintien de résidus en surface constitue le levier hydrique le plus efficace : en réduisant l’évaporation du sol, il limite le stress hydrique et améliore les rendements lors des années sèches. La combinaison des leviers confirme que l’agriculture de conservation peut renforcer la résilience du maïs lorsque l’eau devient limitante, mais que cet avantage dépend du contexte climatique et de la disponibilité en azote pour la culture. Dans le contexte des sécheresses récentes, l’enjeu semble ainsi résider moins dans l’augmentation des entrées d’eau dans le profil que dans la réduction des pertes par évaporation, principalement en début de cycle cultural.