Bien-être au travail des soignants en gériatrie : tensions, ressources et dynamiques professionnelles au sein d'une maison de repos et de soins
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- Ce mémoire analyse le bien-être au travail des soignants en maison de repos et de soins (MRS) dans un contexte gériatrique marqué par une forte charge physique, émotionnelle et relationnelle, exposant les professionnels à des risques psychosociaux importants. Il vise à identifier les facteurs influençant ce bien-être ainsi que les stratégies mobilisées pour le préserver. Une étude de cas qualitative a été menée au sein d’une MRS de la région bruxelloise à partir de douze entretiens semi-directifs auprès des soignants. L’analyse thématique des données met en évidence le caractère multidimensionnel du bien-être, résultant de l’interaction entre les facteurs organisationnels, relationnels, individuels, environnementaux et contextuels. Les résultats soulignent le rôle central des contraintes organisationnelles, qui conditionnent la possibilité d’exercer un soin conforme aux valeurs professionnelles. Un décalage apparaît entre les exigences de productivité et la dimension relationnelle du soin, souvent peu reconnue et invisibilisée dans l’organisation du travail, générant des tensions éthiques et une souffrance liée à l’impossibilité de réaliser un travail jugé de qualité. Le sens au travail, qui est un facteur antécédent du bien-être professionnel, se révèle ambivalent : ressource d’engagement mais aussi facteur de vulnérabilité. Les soignants mobilisent diverses stratégies d’adaptation individuelles et collectives, telles que le soutien entre collègues, la prise de distance émotionnelle et la séparation entre leur vie professionnelle et personnelle ainsi que certains ajustements dans la gestion de leur travail quotidien. Ces stratégies apparaissent comme des réponses à des contraintes majoritairement organisationnelles sur lesquelles ils disposent de peu de prise, ce qui limite leur efficacité à long terme. Ce travail montre que le bien-être des soignants ne peut être compris indépendamment des logiques organisationnelles. Il souligne la nécessité d’une approche globale et structurelle, intégrant les conditions de travail, les valeurs professionnelles et la reconnaissance du travail relationnel.