Mensonges et secrets au sein du cadre familial incestueux : Analyse de la rupture avec la loi du silence et de ses implications chez les victimes
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- Ce mémoire interroge la rupture avec la loi du silence chez les victimes d'inceste à partir d'un questionnement central : la prise de parole libère-t-elle les victimes ? Ainsi, il s'agit ici d'analyser les conditions, déclencheurs et effets de la prise de parole ainsi que de questionner le sens d'une potentielle libération dans un contexte marqué par l'emprise et le traumatisme. A cette fin, cette étude s'inscrit dans une analyse pluridisciplinaire et croisée de quatre récits autobiographiques : L'inceste (2017) de Christine Angot, La retenue (2021) de Corinne Grandemange, Pardon (2020) d'Eve Ensler et La première fois, j'avais 6 ans (2023) d'Isabelle Aubry. L'analyse se base sur une grille de lecture thématique et mobilise les apports de plusieurs disciplines, comme l'anthropologie, la philosophie ou encore la psychologie. Tantôt un symptôme des abus infligés, tantôt un outil de resubjectivation, les prises de parole des autrices prennent souvent une forme singulière et évolutive mais toutes s'ancrent dans une même perspective de réappropriation. Les différents partis pris des autrices à ce sujet témoignent de la complexité de ce processus, et soulignent l'impossibilité de guérir "juste" en parlant. Ainsi, l'analyse met en lumière ce que la parole permet ou non, et questionne l'incidence d'autres facteurs dans la reconstruction des personnes incestées dans l'enfance.