Approbation des projets éoliens en Wallonie et en Flandre: facteurs géographiques et recours administratifs
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- Afin de s’aligner sur les directives européennes exigeant que la Belgique atteigne 20.4% d’énergies renouvelables d’ici 2030, le pays doit accélérer sa transition énergétique. En 2023, l’éolien représentait 56.2% de la production brute d’électricité d’origine renouvelable, mais seulement 17.9% du mix énergétique belge global (dominé par le nucléaire et le gaz). Malgré ces objectifs et la nécessité de développer davantage les énergies renouvelables, une disparité importante s’observe dans le déploiement de l’éolien onshore entre la Flandre (901 éoliennes) et la Wallonie (641 éoliennes). L’objectif de ce mémoire est d’expliquer cette différence à l’échelle communale. Pour ce faire, des analyses descriptives et des cartes ont été réalisées avec ArcGIS Pro et Rstudio. Des régressions logistiques binomiales, incluant des termes auto-régressifs ont permis d’étudier les associations statistiques avec des facteurs physiques tels que le vent, l’occupation du sol, la densité de population, les sites Natura 2000 ainsi que les infrastructures routières et les lignes à haute tension. D’autre part, une analyse qualitative et quantitative des recours administratifs a été menée afin d’évaluer l’acceptabilité sociale des projets éoliens. Les résultats démontrent que la variable « région » n’est pas statistiquement significative dans le modèle global et n’explique pas à elle seule les différences entre la Flandre et la Wallonie, des spécificités locales apparaissent. La présence d’autoroutes est associée spatialement à l’implantation d’éoliennes dans les deux régions. Les variables « champs » et « Natura 2000 » (en raison d’un biais d’agrégation spatiale) sont également significatives en Wallonie, tandis que les variables « vent », « eau » et « routes principales » le sont en Flandre. Sur le plan de l’acceptabilité sociale, la Wallonie fait face à davantage d’oppositions, avec 431 recours pour 183 projets (2.4 recours/projet), contre 158 recours pour 91 projets (1.7 recours/projet) en Flandre. Ceci s’explique notamment par les cadres réglementaires régionaux et la nature des arguments avancés par les requérants. En conclusion, la géographie physique n’explique pas à elle seule pourquoi la Flandre possède 40% d’éoliennes de plus que la Wallonie. Cette différence s’explique majoritairement par un cadre réglementaire wallon plus strict, offrant davantage de motifs de contestation. De plus, toujours en Wallonie, le délai légal pour introduire un recours au Conseil d’État est plus long, ce qui multiplie les opportunités de s’opposer juridiquement à un projet.