Ethnicité, discrimination et soins infirmiers, quels apprentissages dans les écoles de soins infirmiers en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

(2025)

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Introduction : Notre société est de plus en plus multiculturelle. Cette tendance est aussi présente dans les soins de santé. Ce qui implique une modification dans la population de patients. De ce fait, il est primordial de préparer les futurs soignants pour qu’ils puissent prendre en charge des patients issus de diverses cultures en les sensibilisant aux notions d’ethnicité et de discrimination. Ce mémoire vise à explorer les apprentissages liés à ces thématiques dans plusieurs écoles situées en Fédération Wallonie-Bruxelles. Méthodes : Notre recherche se base sur une approche qualitative. Nous avons interrogé 11 personnes réparties dans 5 écoles différentes. Les participants sont soit enseignants soit chargés de programme. Les enseignants dispensent des cours en lien avec les notions d’ethnicité et de discrimination. Résultats : L’apprentissage des notions d’ethnicité et de discrimination dans les écoles en soins infirmiers est variable. La notion de culture est souvent préférée à la notion d’ethnicité jugée inadaptée par certains répondants. La notion de discrimination quant à elle, est généralement enseignée de manière explicite par la plupart des enseignants. Divers outils, tels que le recours à des intervenants ou des vidéos sont employés pour aborder les notions relatives à la diversité dans les soins infirmiers. Il existe divers freins qui influencent l’intégration efficaces de ces notions dans le curriculum en soins infirmiers comme le manque de temps ou de transversalité. Discussion : Cette étude révèle des tensions profondes entre les concepts mobilisés (ethnicité, culture, discrimination) et leur réception sur le terrain. Si les enseignants interrogés s’accordent sur l’importance de lutter contre les discriminations, le concept d’ethnicité divise et demeure tabou, au profit de termes jugés plus neutres. Cette prudence lexicale reflète une difficulté plus large à nommer les rapports de pouvoir dans le champ des soins. Malgré des pratiques pédagogiques riches, le manque de formation, la faible transversalité et les résistances internes limitent l’impact de ces initiatives. Ces constats soulignent l’urgence d’une approche antiraciste structurelle, collective et critique dans la formation infirmière.