L’impact de la déshumanisation organisationnelle et du travail émotionnel sur la vie privée : Un examen des modérateurs

(2020)

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Le monde du travail actuel implique de fortes demandes pour les employés en matière de gestion des émotions. Généralement, lorsqu’un employé fait face à un mauvais traitement interpersonnel, il fait l’expérience d’émotions négatives, contraires aux émotions prescrites par l’entreprise. En réponse à ces mauvais traitements, l’employé aura tendance à s’engager dans du travaill émotionnel de surface, c'est-à-dire à feindre les émotions prescrites bien qu’il ne les ressente pas (e.g., Adams & Webster, 2000 ; Carlson, et al., 2012 ; Grandey, 2000 ; Nguyen & Stinglhamber, 2018). La déshumanisation organisationnelle constitue un mauvais traitement qui génère une perte de ressources pour l’employé. De fait, celle-ci peut être envisagée comme une source de travail émotionnel. À notre connaissance, Nguyen et Stinglhamber (2018) sont les premiers chercheurs à s’être intéressés à la déshumanisation organisationnelle comme une forme de maltraitance subie par l’employé. Ce mémoire vise à étendre ces recherches sur l’impact de la déshumanisation organisationnelle sur le travail émotionnel de surface. De fait, la première partie de ce mémoire est dédiée à la présentation théorique de ces concepts sur base de la littérature scientifique pertinente (e.g., Bell & Khoury, 2011 ; Grandey, 2000). Cette partie comprend également la présentation de notre modèle théorique pour lequel nous supposons plusieurs conséquences à la déshumanisation organisationnelle sur la vie privée du travailleur (satisfaction vis-à-vis de la vie, troubles somatiques, fatigue et travail émotionnel de surface à la maison). Nous avons supposé que cette relation serait médiée par le travail émotionnel de surface. De plus, nous nous sommes intéressés aux facteurs qui pourraient atténuer ou exacerber ces effets (centralité travail-famille et détachement psychologique). Dans un deuxième temps nous avons décrit notre étude menée sur le terrain et fait le test de nos hypothèses. Nos résultats indiquent que la déshumanisation organisationnelle est liée positivement au travail émotionnel de surface. Ils montrent également que le travail émotionnel de surface joue le rôle de médiateur dans la relation entre la déshumanisation organisationnelle et une partie de nos conséquences de vie privée. En outre, la centralité travail-famille et le détachement psychologique semblent jouer le rôle de modérateurs sur la relation entre le travail émotionnel de surface et certaines des conséquences liées à la vie privée envisagées pour ce mémoire. Finalement, nous avons évoqué les limites de notre étude, plusieurs pistes de recherches futures ainsi que plusieurs implications pratiques pour les employés et les organisations.