Trésor des Arts du Feu : Un siècle de céramique artistique en Belgique (1885 – 1985) : Regards croisés sur trois Révolutions des arts céramiques
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- En Belgique, la production de céramique artistique connut un profond renouveau sous l’influence du mouvement Arts & Crafts anglais à partir de 1885. Des figures comme Alfred William Finch et Arthur Craco se démarquèrent lors de cette première Révolution céramique, au cours de laquelle l’appropriation artistique du médium joua un rôle central. Concomitamment, émergea au sein du Royaume une volonté d’institutionnaliser l’enseignement des arts céramiques, à laquelle participa Marius Renard par la fondation de l’École professionnelle des arts de l’arrondissement de Mons en 1908. Le séisme du premier conflit mondial marqua un tournant au sein du monde de la céramique artistique. Celle-ci vit en effet se développer une fusion entre production artistique et cadences industrielles, particulièrement dans le bassin de Bouffioulx et de Châtelet, avec des figures telles que Roger Guérin ou Edgard Aubry. Cette deuxième Révolution connut son point d'orgue à Paris, en 1925, lors de l’Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes. En outre, cette période favorisa la transmission des savoirs acquis, lesquels convergèrent vers le céramiste Pierre Caille, qui irrigua la troisième génération de céramistes belges à partir de la fin du second conflit mondial. Ce dernier s’éloigna de la vision qu’enseignait alors Henry van de Velde au sein de La Cambre et participa activement à l’avènement de la troisième Révolution céramique, au cours de laquelle les productions artistiques s’individualisèrent et furent promues par les institutions de l’État unitaire. En l’espèce, nous porterons notre regard sur l’œuvre Les Maisons de mes amis de Max van der Linden, véritable cartographie et référence iconographique de cette troisième Révolution. Celle-ci nous conduira notamment à analyser les œuvres de Pierre Culot, Antonio Lampecco, Antoine de Vinck, ainsi que la production de l’atelier de Dour, où œuvrèrent Roger Somville et son épouse Simonne Tits.