Comment une coopérative de travailleurs peut-elle créer de la valeur partagée ? Le cas de la coopérative Damnet scrl.

(2015)

Files

OlivierGodts563610002015.pdf
  • Open access
  • Adobe PDF
  • 2.1 MB

Details

Supervisors
Faculty
Degree label
Abstract
L’objectif de notre recherche était d’analyser la création de valeur partagée au sein des sociétés coopératives. Pour cela, nous nous sommes posé la question suivante : Comment une coopérative de travailleurs peut-elle créer de la valeur partagée ? Le cas de la coopérative Damnet. Nous avons commencé par dresser un état des lieux de la création de valeur partagée dans la littérature actuelle ainsi que des caractéristiques des coopératives. L’étude de la création de valeur partagée se divise en plusieurs parties. Nous avons commencé par une mise en contexte en expliquant comment responsabilité sociétale et valeur partagée étaient liées. Ensuite, nous nous sommes arrêtés sur la définition de ce concept avant de parler de son implémentation proprement dite dans les entreprises. La partie suivante était, elle, consacrée à la mesure des stratégies de création de valeur partagée. Enfin, nous avons terminé par une partie relative à la gestion du changement dans les organisations car c’est un domaine de gestion intimement lié à la mise en place de stratégies de création de valeur partagée. La deuxième partie de la revue de la littérature était consacrée à l’étude des sociétés coopératives. Nous avons ainsi défini les sociétés coopératives en nous basant sur les principes coopératifs établis par l’Alliance Coopérative Internationale (ACI). Nous avons ensuite poursuivi en nous intéressant de plus près aux coopératives de travailleurs en tant que telles ainsi qu’aux caractéristiques qui leurs sont propres. Dans les deux cas, nous avons fait le choix de nous baser essentiellement sur des définitions extra-légales – i.e. davantage économiques – de façon à pouvoir capturer une plus grande proportion de coopératives. Cette première partie de notre recherche avait en fait pour but principal de nous aider à créer un modèle expliquant comment les coopératives de travailleurs pouvaient créer de la valeur partagée compte tenu de leurs spécificités. Ainsi, pour la deuxième partie, notre travail a consisté en l’élaboration d’un modèle réconciliant les deux chapitres de la revue de littérature. Nous avons identifié les principales opportunités et enjeux auxquels étaient confrontées les coopératives en matière de création de valeur partagée. Nous en avons identifié quatre principaux. Le premier est la propension des coopératives – et plus particulièrement encore les coopératives de travailleurs – à former leurs membres. Ainsi les travailleurs sont formés autant sur le plan technique – i.e. toute formation relative au métier de l’entreprise – et également à la gestion d’entreprise pour leur permettre d’exercer leurs responsabilités en tant qu’associés. C’est un vecteur de création de valeur partagée dans la mesure où la productivité des travailleurs est améliorée de même que leur niveau d’éducation. Le deuxième grand enjeu est la propension des coopératives à collaborer entre elles. Cela les aide notamment dans le contexte économique difficile actuel. Cela va permettre de développer l’innovation, la formation des membres ainsi que la création de nouvelles structures coopératives. Troisièmement, les coopératives s’engagent envers la communauté dans laquelle elles prennent place. En effet, de par leur structure, elles sont souvent considérées comme étant un moyen plus équitable d’organiser le travail que les entreprises classiques et elles assurent également à leurs employés des conditions de travail bien souvent supérieures. Enfin, le dernier enjeu auquel nous nous sommes intéressés est l’emploi. En effet, les coopératives de travailleurs sont souvent vues comme étant des entreprises permettant la création d’emplois stables notamment grâce à l’implication des employés dans leur entreprise mais aussi grâce à une mise en réserve des bénéfices plus importante que dans les entreprises classiques assurant alors une certaine pérennité de l’emploi ce qui est vecteur de création partagée. Ayant constaté cela, nous avons voulu savoir comment ces spécificités pouvaient être transposées à une coopérative de travailleurs en Belgique. Nous avons pour cela choisi la coopérative Damnet. Les résultats de notre recherche montrent que Damnet est globalement confrontée aux mêmes opportunités que celles que nous avons identifiées dans notre cadre théorique. En effet, la coopérative est très active dans la formation de ses membres, et ce, aux deux niveaux que nous avons identifiés dans notre modèle. Pour cela l’entreprise met en place divers mécanismes encourageant et facilitant la formation de ses travailleurs membres. Ensuite, Damnet coopère également beaucoup avec d’autres acteurs de l’économie sociale promouvant la participation de leurs travailleurs au sein de leur organisation. Le but de ce regroupement – appelé l’Union des Scops – est de proposer un cadre légal permettant le développement de coopératives de travailleurs en Belgique ainsi que d’aider de nouveaux entrepreneurs à se lancer dans le développement de ce type d’entreprises. Troisièmement, Damnet s’engage envers la communauté. Effectivement, l’entreprise a à cœur de fournir les meilleures conditions de travail possible à ses employés. De plus, Damnet intègre directement cet engagement envers la communauté dans sa vision : l’entreprise veut prouver qu’il est possible d’entreprendre autrement en encourageant la participation des travailleurs au management de l’entreprise. Damnet a également à cœur de rétribuer ses travailleurs via un système qui leur permet de toucher une partie de bénéfice annuel lorsque ce dernier est suffisant. De cette façon la richesse créée revient directement aux travailleurs et reste dans l’économie locale. Enfin, Damnet est également active dans la création de valeur partagée par l’emploi en proposant des CDI à ses travailleurs après un an ainsi qu’en mettant un montant du bénéfice annuel en réserve de façon à assurer la pérennité de l’emploi. Tout cela permet à Damnet de créer de la valeur partagée. Toutefois, nous avons constaté que l’entreprise ne proposait aucun cadre concret dans lequel s’inscrivent ces stratégies de création de valeur partagée : elles sont en quelque sorte appliquées sans objectifs précis. Nous avons donc terminé en proposant nos recommandations à l’entreprise de façon à ce qu’elle s’améliore dans son processus de création de valeur partagée. Pour cela, nous avons dressé un cadre de référence pour la création de valeur partagée chez Damnet en identifiant des objectifs à atteindre, la manière de les atteindre et enfin des indicateurs permettant d’apprécier l’évolution – positive ou négative – de l’entreprise en la matière. Nous avons enfin proposé une piste supplémentaire pour Damnet dans la création de valeur partagée. Celle-ci se rapporte à l’emploi car c’est une dimension que nous jugions sous-exploitée au sein de l’entreprise. Nous proposons à l’entreprise d’engager des travailleurs supplémentaires dans les années à venir de façon à ce que les travailleurs gardent le contrôle de l’entreprise – en gardant la majorité des voix à l’assemblée générale – et dans le but de soulager les employés actuels d’une charge de travail conséquente. Cela est permis par le marché en croissance sur lequel Damnet opère. Ce projet permettrai à Damnet de créer de la valeur partagée en améliorant les conditions de travail de ses employés, leur productivité et en créant des emplois stables sur le long terme.