Gestion des conflits de couple à travers une comparaison des pensées contrefactuelles centrées sur le « soi » et sur le « nous » : effets sur la culpabilité, l’attribution de responsabilité et la réconciliation.
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- Les conflits font partie intégrante de la vie de couple et mobilisent des processus cognitifs et émotionnels qui influencent la manière dont les partenaires interprètent la situation, attribuent les responsabilités et envisagent la suite de leur relation. Parmi ces processus figurent les pensées contrefactuelles, qui consistent à imaginer ce qui aurait pu être fait différemment. Dans le contexte du couple, elles peuvent être centrées sur ce que l’individu aurait lui-même pu faire autrement (« soi ») ou sur ce que les partenaires auraient pu faire différemment ensemble (« nous »). Cette distinction apparait particulièrement pertinente dans une relation caractérisée par une forte interdépendance entre les partenaires. Ce mémoire examine ainsi si la focalisation de pensées contrefactuelles ascendantes sur le « soi » ou sur le « nous » influence la culpabilité, l’attribution de responsabilité personnelle et partagée ainsi que la volonté de réconciliation à la suite d’un conflit de couple. Il s’intéresse également au rôle de deux caractéristiques individuelles et relationnelles susceptibles de moduler ces effets : la qualité de la relation et la tendance à la victimisation interpersonnelle. Pour répondre à cette question, une étude expérimentale par scénario a été menée auprès de 175 participants. Contrairement aux attentes, les résultats ne montrent aucune différence significative entre les deux focalisations concernant les quatre variables étudiées. Une interaction entre la condition expérimentale et la qualité relationnelle apparait néanmoins pour la responsabilité partagée, mais cet effet reste modeste. La tendance à la victimisation interpersonnelle ne présente, quant à elle, aucun effet modérateur. Ces résultats suggèrent que la simple focalisation sur le « soi » ou sur le « nous » ne suffit pas, dans les conditions de cette étude, à modifier les réactions qui suivent un conflit de couple. Ils invitent toutefois à poursuivre l’étude des pensées contrefactuelles en tenant davantage compte de l’interdépendance entre les partenaires, mais également de la nature et de l’intensité des conflits auxquels ils sont confrontés.