Perception des mesures de prévention du tabagisme en milieu scolaire : analyse des déterminants individuels et contextuels chez les adolescents en Fédération Wallonie-Bruxelles

(2026)

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Ntentie Mkpouwoupieko Awa_11982300_Juin 2026.pdf
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Contexte : En Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), les établissements scolaires constituent un espace central de la prévention du tabagisme à l’adolescence. Si des politiques antitabac existent et sont encadrées par la réglementation nationale, leur efficacité dépend largement de la manière dont elles sont mises en œuvre et perçues par les élèves. La littérature s’est principalement intéressée aux comportements tabagiques, mais peu d’études ont analysé, d’une part, les facteurs associés au jugement porté par les élèves sur les efforts de prévention de leur école et, d’autre part, les facteurs associés au fait d’exprimer ou non une opinion sur ces efforts. Objectifs : Cette étude poursuivait deux objectifs. Le premier était d’identifier les facteurs individuels et contextuels associés au fait de juger les efforts de prévention du tabagisme comme suffisants plutôt qu’insuffisants parmi les élèves ayant exprimé une opinion. Le second était d’examiner les facteurs associés au fait d’exprimer une opinion, par opposition à l’absence d’opinion, sur ces mêmes efforts. Méthodes : Il s’agit d’une étude transversale analytique basée sur les données de l’enquête ADHAirE 2024, conduite auprès de 2 827 élèves de l’enseignement secondaire issus de 18 écoles de la province du Hainaut (Belgique). Deux variables binaires ont été construites à partir de l’item STP14 : (1) la perception des efforts de prévention comme suffisants versus insuffisants (analyse principale, n = 1 971) ; (2) l’expression d’une opinion versus l’absence d’opinion sur ces efforts (analyse secondaire, n = 2 815). Des régressions logistiques multivariées avec erreurs standards robustes clustérisées au niveau de l’école ont été estimées pour chaque variable, avec ajustement simultané sur les caractéristiques individuelles et les caractéristiques scolaires perçues pertinentes. Résultats : Parmi les élèves ayant exprimé une opinion, 38 % jugeaient les efforts de prévention de leur école suffisante, contre 62 % les jugeant insuffisants. Dans l’analyse principale, le statut tabac/nicotine constituait le déterminant individuel le plus fortement associé à un jugement favorable des efforts de prévention : comparés aux non-usagers, les élèves déclarant un double usage tabac/vapotage avaient une probabilité environ sept fois plus élevée de juger ces efforts suffisants (ORa = 7,23 ; IC 95 % : 4,23–12,35), et ceux vapotant seuls une probabilité environ trois fois plus élevée (ORa = 2,94 ; IC 95 % : 1,93–4,49). La filière artistique était également associée à une probabilité plus élevée de juger les efforts suffisants (ORa = 2,14 ; IC 95 % : 1,15–4,00). Parmi les caractéristiques scolaires perçues, seule une justification non claire des règles antitabac demeurait indépendamment associée à une probabilité plus faible de juger les efforts suffisants (ORa = 0,51 ; IC 95 % : 0,42–0,64). Dans l’analyse secondaire, les élèves de faible statut socio-économique (ORa = 0,58 ; IC 95 % : 0,38–0,88) et ceux de la filière artistique (ORa = 0,69 ; IC 95 % : 0,53–0,90) exprimaient moins souvent une opinion sur les efforts de prévention de leur école. À l’inverse, une forte visibilité du tabagisme chez les élèves (ORa = 2,00 ; IC 95 % : 1,36–2,92) et une visibilité modérée chez le personnel (ORa = 1,38 ; IC 95 % : 1,06–1,79) étaient associées à une probabilité plus élevée d’exprimer une opinion. Conclusion : Le jugement des élèves sur le caractère suffisant des efforts de prévention était principalement associé au statut tabac/nicotine, à la filière d’enseignement et à la clarté perçue de la justification des règles antitabac, une justification non claire étant liée à un jugement moins favorable. Le fait d’exprimer une opinion sur ces efforts était davantage associé à la visibilité du tabagisme dans l’environnement scolaire, tandis qu’un faible statut socio-économique était associé à une probabilité plus faible de se prononcer. Ces résultats suggèrent que la lisibilité des règles antitabac et la visibilité des actions de prévention constituent deux dimensions importantes pour renforcer leur appropriation par les élèves.