Impact des ruminations dans les troubles alimentaires, à travers le contrôle exécutif

(2014)

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Ce mémoire combine la théorie des buts de Martin et Tesser (1996) et le modèle de Hirsch et Mathews (2012) pour comprendre l’impact des ruminations dans les troubles alimentaires. Les deux modèles expliquent respectivement la survenance des ruminations et des inquiétudes chez des personnes dépressives ou anxieuses. La littérature et nos données empiriques révèlent un lien entre les ruminations et les symptômes de trouble alimentaire. Nous avons également prouvé que le souvenir d’un comportement alimentaire problématique provoque l’évitement des émotions par le recours plus intense aux ruminations. La population à risque montre également une corrélation entre les ruminations en général et les ruminations directement liées au souvenir négatif. La théorie des buts expliquent dans ce contexte la survenance des ruminations. Les personnes atteintes de troubles alimentaires sont obnubilées par un seul objectif : atteindre la minceur, un objectif abstrait inaccessible car ces sujets ne sont jamais satisfaites du résultat obtenu. L’estime de soi positive n’est que transitoire, de par cet objectif peu spécifique. Les ruminations sont alors choisies comme stratégie d’évitement des émotions négatives, en rapport avec ce but inabordable. Les ruminations spécifiques au corps et à l’alimentation permettent également d’éviter les signes physiologiques, de faim par exemple, et maintiennent les comportements alimentaires problématiques. L’orientation du contenu des ruminations s’explique également par les processus attentionnels implicites qui entraînent les personnes à restreindre les pensées au corps, à la nourriture. Ces biais attentionnels récurrents deviennent alors un apprentissage bien ancré, qui limite les ressources attentionnelles restantes. Notre échantillon susceptible de développer un trouble alimentaire rapporte des difficultés à se désengager d’un sujet aversif et à se concentrer sur une tâche en cours. Ce désengagement est lié aux pensées abstraites et aux symptômes de dépression. Les ruminations nées du souvenir sont reliées au niveau attentionnel de base. Plus une personne nourrit des pensées répétitives incontrôlables sur l’alimentation et les écarts en rapport au régime initial, plus le contrôle attentionnel diminue et vice versa. L’individu exerce alors un contrôle minimal sur son comportement. Un cercle vicieux s’installe. L’intérêt d’une telle recherche est de prouver l’utilité d’intégrer à l’approche classique des troubles alimentaires, une rééducation neuropsychologique des déficits exécutifs pour mieux préparer les patients à gérer les menaces extérieures.