Ecarter le jeune de l'école en vue de mieux y inclure l'élève : analyse d'un nouveau phénomène
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- Il est fréquent d'évoquer aujourd'hui le phénomène de décrochage et d’exclusion au sein de notre système scolaire. Les études réalisées mettent fréquemment en exergue le rôle individuel du jeune au centre de cette problématique. Celui-ci est alors désigné comme le pion déviant de la partie. Notre recherche emprunte une approche sociologique en partant du point de vue de l’école. C’est dans le cadre de l’article 31 du décret dit « D+» que celle-ci écarte momentanément un de ses élèves en l’orientant vers un service d’accueil scolaire extérieur à l’école. Cette analyse du phénomène est proposée à travers le cadre théorique de H. Becker dans son livre « Outsiders ». La position interactionniste ne considère pas la déviance comme une propriété inhérente à certains actes ou à certaines personnes mais comme une catégorie construite au cours des interactions d’un ensemble complexe d’acteurs. C’est en se penchant sur des avis du conseil de classe, demandant la prise en charge officielle d’un élève, que les auteurs vont tenter : > de définir les normes que l’école ne peut faire respecter seule. Us vont à cette fin opérer un classement des problèmes exposés par l’établissement scolaire. > d’analyser la lecture que l’école fait du problème et de ses attentes vis-à-vis du service de prise en charge. > d’analyser le discours de l’école qui adresse sa demande de prise en charge pour un élève. A travers son récit, ils tenteront de mettre en relief les différents acteurs, leurs actions, leurs objectifs et leur positionnement à l’aide du _« Schéma de quête ». > de voir si les écoles agissent toutes de la même manière ou si différentes tendances émergent de cette analyse. Synthèse des résultats les plus significatifs de la recherche : 1. La plupart des problèmes exposés sont directement liés à un rapport de pouvoir. 2. L’école place son discours beaucoup plus dans la justification de l’écartement momentané du jeune que dans l’orientation vers le service de prise en charge. 3. Le héros de la quête est toujours l’école qui mène diverses actions dans le but d’aider le jeune, illustrant bien la tension permanente entre la logique de l’enseignement et celle de l’aide à la jeunesse. 4. On peut distinguer deux grandes tendances de perception : les écoles qui placent le jeune en « victime » et celles qui le considèrent comme « agresseur ». Puis il y a l’exception qui confirme la règle, permettant ainsi de sortir de cette lecture binaire. Dans les conclusions, les auteurs repartent des principaux protagonistes pour mettre en lumière les positions qu’ils occupent sur ce grand échiquier d’interactions complexes où chacun se débat, avec ses moyens propres, dans la réalité au sein de laquelle il est engagé.