L'émancipation des femmes immigrées à travers un parcours d'alphabétisation ou d'apprentissage du FLE
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- La problématique de l’émancipation sociale des femmes est un sujet banal, amplement abordé dans la littérature scientifique. Toutefois, peu d’études francophones ont pu nous renseigner sur les apports des cours de FLE ou d’alphabétisation en termes d’émancipation sociale des femmes issues de l’immigration. Si les dispositifs de différents secteurs institutionnels permettent une forme d’émancipation dans la société, cette émancipation se réalise différemment selon la visée instrumentaliste ou émancipatoire des structures proposant ces cours. Afin de borner notre objet d’étude, nous nous sommes intéressées aux femmes qui, malgré un parcours de vie antérieur compliqué, ont décidé de se former en alphabétisation ou en FLE. Les concepts de domination, d’émancipation, d’intersectionnalité et d’agentivité nous permettent de comprendre les prises de décisions des femmes à vouloir se former un moment donné dans leur parcours de vie. Cette recherche a pour objectif de répondre à une question :« En quoi les cours d’alphabétisation et de FLE permettent aux femmes immigrées de s’émanciper socialement en Belgique francophone ? ». Pour mener nos entretiens, nous nous sommes basées sur les travaux de Bertaux (2016). Dans une démarche exploratoire, nous avons mené des entretiens de récit de vie auprès de dix femmes immigrées divisées en deux groupes différents, l’un provenant d’une association non mixte « Vie Féminine » et l’autre groupe provenant d’une association mixte « Collectif Alpha ». Nous avons ainsi pu mettre en exergue des divergences et des convergences entre ces deux associations, notamment en termes de dispositifs et objectifs proposés à leur public cible. Le recours à une méthode qualitative nous permet également de postuler que les femmes ont des visées et des objectifs différents selon qu’elles soient inscrites dans une association ayant une démarche de mise à l’emploi ou une association visant le bien-être et mettant en place des ateliers augmentant la confiance en soi, avec une visée émancipatrice plus accrue. Enfin, dans une ambiance de lutte pour avoir du pouvoir et de « l’empowerment », toutes les femmes veulent acquérir une autonomie et ainsi être émancipées dans la société dans laquelle elles vivent. Toutefois, en fonction de leur propre parcours scolaire, de leur vécu dans leur pays d’origine mais aussi de leurs expériences dans le pays d’accueil, les moyens mis en œuvre pour réussir cette émancipation et la définition qu’elles en donnent, ne sont pas les mêmes.