Comment les innovations démocratiques voyagent-elles ? Une trajectoire pour des mini-publics délibératifs dans le contexte algérien ?
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Lafifi Chamseddine_13192001_2026.pdf
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- Ce mémoire analyse dans quelle mesure les mécanismes ayant permis l’institutionnalisation progressive des mini-publics délibératifs en Belgique peuvent éclairer une réflexion sur leur transférabilité dans le contexte algérien. Il s’inscrit à l’intersection de la littérature sur la démocratie délibérative et de celle consacrée au policy transfer, en privilégiant une approche centrée sur les processus plutôt que sur la comparaison institutionnelle classique. La recherche repose sur une méthodologie qualitative fondée sur l'analyse de la littérature scientifique, de l'expérience belge et du contexte politique et institutionnel algérien. Le premier chapitre présente les fondements théoriques des mini-publics délibératifs et retrace leur évolution, depuis des expérimentations participatives jusqu'à leur institutionnalisation progressive en tant qu'innovations démocratiques. Le deuxième chapitre examine les conditions de leur éventuelle intégration en Algérie, en identifiant à la fois les obstacles (centralisation, faible institutionnalisation de la participation, contraintes politiques) et les facteurs favorables, tels que les évolutions constitutionnelles récentes, les dynamiques issues du Hirak, le rôle potentiel des collectivités locales, des universités et de la société civile. Le troisième chapitre mobilise le cadre du policy transfer afin de montrer que l’enjeu ne réside pas dans la reproduction du modèle belge, mais dans l’analyse des mécanismes ayant permis son institutionnalisation. Les résultats montrent que le succès de l’expérience belge ne s’explique pas uniquement par les qualités procédurales des mini-publics, mais par une combinaison de facteurs : progression incrémentale, articulation avec les institutions représentatives, une implication conjointe des acteurs politiques, académiques et de la société civile, ainsi qu'une recherche constante d’une légitimité procédurale. Ces mécanismes constituent des enseignements susceptibles d’alimenter une réflexion sur le renouvellement de la participation citoyenne en Algérie, à condition d’être adaptés à ses spécificités historiques, politiques et institutionnelles.