Comment les enseignants novices perçoivent-ils les dispositifs institutionnels et politiques mis en place pour favoriser leur insertion professionnelle en Fédération Wallonie-Bruxelles ?
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- Ce mémoire s’inscrit dans le domaine des sciences de l’éducation et, plus particulièrement, dans l’étude de l’accompagnement des enseignants débutants en Fédération Wallonie-Bruxelles. Il vise à comprendre comment ces enseignants perçoivent les dispositifs institutionnels et politiques mis en place pour favoriser leur insertion et leur maintien dans la profession. La question de recherche à l’origine de notre étude est la suivante : « Comment les enseignants novices perçoivent-ils les dispositifs d’accompagnement mis en place pour favoriser leur insertion professionnelle en Fédération Wallonie-Bruxelles ? » Dans un contexte marqué, depuis plusieurs années, par un taux alarmant d’abandon des enseignants novices au cours des premières années d’exercice, la situation demeure préoccupante : selon Delvaux et al. (2013), un novice sur cinq quitte la profession dès la première année, et plus d’un tiers au bout de cinq ans. Ce constat rejoint les tendances observées à l’échelle internationale (Ingersoll, 2002 ; Karsenti et al., 2008), où l’attrition précoce fragilise la profession et accentue la pénurie d’enseignants. Si différents dispositifs d’accueil et de soutien existent, les données de l’enquête TALIS (OCDE, 2019) révèlent qu’une majorité d’enseignants débutants déclarent ne pas en avoir bénéficié, laissant entrevoir un écart entre intentions officielles et réalités vécues sur le terrain. Pour répondre à cette problématique, nous avons mené une recherche qualitative de nature exploratoire auprès de dix-huit enseignants débutants issus aux profils variés. Les entretiens semi-directifs réalisés ont été analysés à l’aide d’une approche thématique, permettant de mettre en évidence les perceptions, attentes et obstacles exprimés par les participants quant à la mise en œuvre effective des dispositifs d’accompagnement. Les résultats de cette recherche montrent un accompagnement jugé largement insuffisant, inégal et souvent mal adapté aux réalités professionnelles. Les participants évoquent la prédominance de mesures informelles, l’absence d’un mentorat structuré et un manque de moyens concrets pour répondre aux difficultés rencontrées sur le terrain. Ce constat, partagé indépendamment des profils ou contextes, souligne la nécessité d’un soutien formel, structuré, systématique et pérenne pour favoriser l’insertion professionnelle et la rétention dans la profession (Mukamurera et al., 2013). Plusieurs pistes de recherche se dégagent : évaluer l’impact de la Réforme de la Formation Initiale des Enseignants sur le choc de la réalité et la rétention, explorer le point de vue des directions d’établissement afin de comprendre les freins à la mise en œuvre des mesures, expérimenter sur le terrain des dispositifs proposés par les novices eux-mêmes, ou encore comparer les pratiques d’accompagnement avec celles de la Communauté flamande. Ces perspectives, ancrées dans les travaux de Delvaux et al. (2013), Mukamurera et al. (2013), OCDE (2019) et Paniagua & Sánchez-Martí (2018), invitent à repenser l’accompagnement des enseignants débutants pour le rendre plus cohérent, équitable et adapté aux réalités quotidiennes du métier. Dans le cadre de perspectives futures, il serait pertinent d’examiner l’impact de la réforme de la formation initiale des enseignants sur l’insertion professionnelle, de comparer les pratiques d’accompagnement en Fédération Wallonie-Bruxelles à celles d’autres contextes éducatifs, et d’élargir l’analyse en confrontant le point de vue des enseignants novices à celui d’autres acteurs, tels que les directions d’établissement. Ces pistes invitent, en cohérence avec les travaux de Delvaux et al. (2013), Mukamurera et al. (2013), OCDE (2019) et Paniagua & Sánchez-Martí (2018), à repenser l’accompagnement afin de le rendre plus cohérent, équitable et adapté aux réalités quotidiennes du métier.