Les traumatismes de l'enfance : Etat des lieux dans les régions Wallonne et Bruxelles-Capitale

(2026)

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Cirhuza Nnashi_02532400_2026.pdf
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Contexte et objectifs. Les traumatismes de l'enfance constituent un problème majeur de santé publique. En Belgique francophone, plus d'un adolescent sur deux présente au moins une forme de maltraitance. La première ligne d'aide et de soins représente un point de contact essentiel pour leur détection et leur prise en charge. Ce mémoire répond à la question : Quels sont les expériences et les besoins des professionnels de première ligne d’aide et de soins sur les traumatismes de l'enfance dans les régions wallonne et Bruxelles-Capitale, de la prévention à l'accompagnement ? Méthode. Une approche qualitative exploratoire a été conduite au travers de onze entretiens semi-directifs et un focus group auprès de professionnels de première ligne (médecins, infirmiers de première ligne, travailleurs sociaux, psychologues de première ligne, assistantes sociales, éducateurs spécialisés) en Wallonie et à Bruxelles. Nous avons réalisé une analyse thématique inductive des matériaux collectés. Résultats. Les professionnels de première ligne d’aide et de soins conceptualisent le traumatisme développemental de manière homogène, comme des événements traumatiques répétés et interpersonnels dépassant les capacités d'adaptation de l'enfant. Ils identifient des signes d'alerte variés (changements comportementaux, difficultés scolaires, isolement social) et rencontrent des formes multiples de maltraitance, dont la maltraitance psychologique (la plus fréquente mais aussi la plus difficile à détecter). En l'absence d'outils standardisés, l'évaluation repose sur l'intuition et l'expérience clinique des professionnels. L'accompagnement s'appuie sur l'alliance avec la famille, le soutien à la parentalité et le travail en réseau pluridisciplinaire (ONE, SOS Enfants, SAJ/SPJ, CPMS, etc.), bien que fragilisé par des limites de communication et un manque de ressources. Les principaux besoins exprimés portent sur la formation spécifique, la supervision par des experts et le développement d'outils de dépistage partagés. Conclusion. Cette étude révèle un écart entre les représentations conceptuelles des professionnels (alignées avec la littérature) et les ressources disponibles pour les traduire en pratiques structurées. Elle plaide pour le développement d'outils de dépistage accessibles, le renforcement de la formation continue et l'amélioration de la coordination interprofessionnelle, dans une approche systémique de type trauma-informed care adaptée aux contextes wallon et bruxellois. Mots-clés : traumatisme développemental, maltraitance infantile, première ligne de soins, prévention, détection précoce, accompagnement, Wallonie, Bruxelles, recherche qualitative.