Le dopage pragmatique: lien entre la financiarisation du sport et le dopage

(2026)

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Ce mémoire propose une reconceptualisation du dopage dans le cyclisme professionnel comme réponse rationnelle à des contraintes économiques structurelles, plutôt que comme faute morale ou exercice d'une liberté à s'augmenter. Il part du constat que les valeurs supposées du sport continuent d'être incorporées dans les chartes olympique et antidopage selon un réalisme moral adossé à une déontologie kantienne et à un eudémonisme aristotélicien, comme si ces valeurs préexistaient à toute pratique concrète. Or la structure dans laquelle évolue le cycliste professionnel n'est pas celle-là : c'est un ordre spontané au sens hayékien, où le peloton constitue un marché intégré dans lequel le coureur, en tant que producteur de performance, voit son prix s'ajuster par l'échange d'informations entre équipes et organisateurs, sans qu'aucune institution centrale n'en fixe réellement les règles. L'étude empirique du vécu économique de l'athlète met en évidence une corrélation statistique entre précarité économique et recours aux produits dopants. Le mémoire mobilise enfin le pragmatisme de Dewey, notamment sa théorie de l'enquête, pour fonder philosophiquement ce qu'il propose de nommer le « dopage pragmatique » : une conception du dopage comme réponse rationnelle à des contraintes économiques identifiables et produites par la financiarisation du sport, plutôt que comme déviance à sanctionner moralement.