Entre privé et politique. Mixité militante et rapports sociaux de sexe au sein du Parti communiste en Belgique francophone (1968-1980)

(2026)

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Dans ce mémoire, nous proposons une analyse de la place et du rôle des hommes dans la structuration du militantisme communiste en Belgique francophone entre 1968 et 1980, en interrogeant la manière dont ils participent à la reproduction ou à la transformation des rapports sociaux de sexe. Il s’inscrit dans un champ historiographique encore peu structuré en Belgique, marqué par une faible intégration des apports des études de genre à l’analyse des mouvements militants. L’étude s’appuie sur un corpus qualitatif d’entretiens semi-directifs croisés. Celui-ci combine, d’une part, des témoignages de militantes issus d’un précédent travail et, d’autre part, des entretiens réalisés avec des hommes nés entre les années 1930 et 1950, majoritairement issus de milieux populaires ou intermédiaires et engagés dans le Parti communiste ou ses organisations satellites (jeunesses, structures de formation, encadrement militant). La méthodologie repose sur une analyse qualitative et comparative de récits situés, appréhendés comme des reconstructions mémorielles, et confrontés à la littérature existante. Les résultats montrent que la mixité militante constitue une configuration ambivalente : si elle ouvre aux femmes des espaces d’engagement, elle reconduit néanmoins des normes masculinisées, notamment dans la division du travail militant et domestique. L’engagement apparaît ainsi comme un fait social total, structuré par des négociations constantes entre sphère politique et sphère privée.