Éduquer aujourd’hui dans une école catholique en Belgique francophone. Le rôle conjoint du sport et de la spiritualité dans l’éducation intégrale

(2026)

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Ce mémoire interroge la manière dont l’acte d’éduquer est pensé et mis en œuvre dans l’enseignement secondaire catholique en Fédération Wallonie-Bruxelles, face à la diversité religieuse croissante des élèves. Dans un contexte marqué par la sécularisation, la détraditionalisation et la pluralisation des convictions (Boeve, 2007), les écoles catholiques bruxelloises doivent aujourd’hui concilier leur projet éducatif inspiré de l’Évangile avec des réalités de terrain de plus en plus complexes. C’est à partir de ce constat, ancré dans une expérience professionnelle quotidienne au sein d’une école secondaire catholique bruxelloise, que cette recherche analyse comment trois établissements aux profils contrastés articulent, à travers leurs règlements d’ordre intérieur et les pratiques de leurs enseignants, les exigences de leur projet éducatif avec les réalités vécues par leurs élèves. À partir de neuf entretiens semi-directifs menés auprès de directions, d’enseignants de religion et d’enseignants d’éducation physique, analysés selon une démarche qualitative rigoureuse fondée sur un double codage ouvert et axial, les résultats révèlent que tous les acteurs convergent vers une conception de l’éducation centrée sur la formation globale de la personne, mais que cette conception reste non coordonnée entre les disciplines. Le dialogue est généralement privilégié par rapport à la sanction pour faire face aux tensions associées aux convictions religieuses. Il demeure cependant une pratique individuelle et non formalisée, sans cadre institutionnel pour le soutenir. Parmi les constats les plus marquants, une enseignante musulmane d’éducation physique, qui porte elle-même le voile, soutient que les établissements catholiques devraient affirmer plus nettement leur identité catholique. Selon elle, en l’absence d’un cadre de référence clairement explicite, chaque groupe tend à promouvoir ses propres normes, ce qui conduit à reconsidérer les interprétations qui posent l’identité confessionnelle et la diversité religieuse en opposition. Ces résultats sont confrontés aux travaux de Biesta (2010) sur la subjectivation, de Moog (2019) sur les conditions de l’éducation intégrale, de Dubet (2002) sur les ajustements des acteurs institutionnels, de Coulon et Verhoeven (2022) sur le rôle des règlements d’ordre intérieur et de Boeve (2025) sur le projet de l’école catholique du dialogue. C’est à partir de ces croisements que cette recherche suggère que l’école catholique, pour incarner réellement les valeurs qu’elle revendique, gagnerait à faire du dialogue, non pas un outil individuel de gestion des tensions, mais le cœur d’un projet éducatif coordonné.