Handprint, marché volontaire du carbone et incitations au sur-tri : Vers une sidérurgie circulaire bas carbone ?

(2025)

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Warnier,Victor_31381700_2025.pdf
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La transition vers la neutralité carbone impose à l’industrie européenne de revoir en profondeur ses modes de production. Parmi les secteurs les plus émetteurs, la sidérurgie, responsable d’environ 5 % des émissions de l’Union européenne, se trouve au cœur de cette transformation. Pour réduire son empreinte, elle doit recourir plus massivement aux ferrailles issues du recyclage, levier essentiel d’une économie circulaire bas-carbone. Pourtant, cette évolution se heurte à un obstacle majeur : le manque d’incitations pour les recycleurs à investir dans des technologies de tri avancé qui permettent de produire des ferrailles de haute qualité, adaptées aux exigences des aciéries modernes. Ce blocage trouve son origine dans un risque bien identifié en économie des contrats : le phénomène de « hold-up ». Après avoir consenti des investissements spécifiques et irréversibles, le recycleur devient vulnérable à une renégociation opportuniste par le sidérurgiste, ce qui freine ex ante ses décisions d’investissement. Ce mémoire explore comment la reconnaissance du « handprint » des recycleurs (la contribution indirecte des recycleurs à la réduction des émissions des sidérurgistes) sur le marché volontaire du carbone (MVC) peut restaurer les incitations à investir dans le sur-tri des ferrailles, levier essentiel pour une sidérurgie circulaire bas carbone. En attribuant des crédits carbone aux acteurs amont, ce mécanisme pourrait sécuriser leurs investissements et restaurer les incitations nécessaires à la montée en qualité des ferrailles, tout en accélérant la décarbonation du secteur. À travers une analyse combinant revue de littérature technique, modélisation économique et étude des scénarios industriels, ce travail éclaire les conditions de mise en œuvre d’un tel dispositif. Il discute les opportunités, mais aussi les limites d’un recours au MVC dans le cadre d’une économie circulaire des métaux, et propose des pistes pour des recherches et expérimentations futures. Ce mémoire s’inscrit ainsi à l’interface de l’économie industrielle, des politiques climatiques volontaires et de l’ingénierie environnementale, offrant une perspective novatrice sur les leviers qui permettront à la sidérurgie européenne de conjuguer compétitivité et ambition climatique.