La tricherie académique chez les enseignants en reprise d'études. Étude des facteurs d'influence, des perceptions et la double posture
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- Cette recherche s’intéresse aux perceptions des enseignants en reprise d’études (ERE) concernant la tricherie. Peu étudié dans la littérature, ce public se distingue par sa double posture d’enseignant et d’étudiant, ce qui interroge son rapport aux normes d’intégrité académique. Afin de répondre aux questions de recherche « Pourquoi les ERE trichent-ils ou ne trichent-ils pas et comment gèrent-ils leur double posture face à la tricherie » une approche qualitative a été mobilisée. Quinze participantes ont été interrogées au moyen d’entretiens semi-directifs. Les données ont ensuite fait l’objet d’une analyse, combinant analyses verticales et horizontales. Les résultats montrent que la tricherie en présentiel fait l’objet d’un consensus dans sa définition, tandis que les travaux à domicile et l’usage de l’intelligence artificielle génèrent davantage de zones d’ambigüité. Les discours révèlent surtout des perceptions de la tricherie plutôt que des pratiques déclarées. Les facteurs contextuels tels que le manque de temps et les contraintes professionnelles et personnelles apparaissent comme pouvant influencer le recours à la triche, tandis que le non-recours à la tricherie est davantage associé à des valeurs identitaires et intrinsèques liées à l’honnêteté. Le groupe de pairs apparait quant à lui comme un facteur pouvant soutenir les normes d’intégrité seulement s’ils ont des valeurs communes et un fonctionnement d’entraide . Cette recherche met en évidence la complexité du phénomène de tricherie chez les ERE et souligne l’importance de clarifier les usages de l’intelligence artificielle ainsi que de prendre en compte les réalités spécifiques des ERE dans les dispositifs universitaires.