Vers la refonte du système financier de l'aide internationale : quels effets de la transition de l'APD vers le financement mixte ?

(2026)

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Ce mémoire analyse la montée en puissance du financement mixte dans l’architecture de l’aide internationale et questionne sur le bien-fondé de la réorientation de l’aide publique au développement (APD) vers ce type de financement dans un contexte mondial marqué par l’amoindrissement des budgets d’aide au développement. À partir d’une revue critique de la littérature, l’étude examine les effets du passage de l’APD au financement mixte sur la capacité des pays bénéficiaires à répondre à leurs besoins de développement, à travers trois dimensions : l’additionnalité, l’allocation géographique et sectorielle, ainsi que la redevabilité. Les résultats montrent que le financement mixte peine à démontrer une additionnalité réelle et qu’il demeure fortement orienté vers des projets rentables, au détriment des pays fragiles et secteurs sociaux jugés moins rentables. Sur le plan de la redevabilité, il se caractérise par une complexité et une fragmentation importante, qui entravent la coordination entre acteurs. Il s’accompagne également d’une dilution accrue de la responsabilité publique, d’une réduction de la participation des pays bénéficiaires et d’un affaiblissement de leur souveraineté. L’étude conclut que la réorientation de l’APD vers le financement mixte a des effets globalement négatifs pour les pays bénéficiaires et leur capacité à répondre à leurs propres besoins.